Mourad Belhaj
11 Novembre 2020•Mise à jour: 11 Novembre 2020
AA / Johannesburg
Le parquet sud-africain a émis un mandat d'arrêt contre le secrétaire général du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), dans le cadre d'un scandale de corruption de plusieurs millions.
Une unité d'élite de la police, les Hawks, a confirmé, lundi, qu'un mandat d'arrêt avait été émis contre Ace Magashule, un personnage clé chargé de gérer les affaires courantes au sein de l'ANC.
La nouvelle est arrivée alors que Magashule était en pleine campagne de collecte de votes pour un candidat du parti qui participe à une élection partielle à Soweto, un township au sud-ouest de Johannesburg.
Il a déclaré à la chaîne de télévision locale eNCA qu'il n'avait pas eu connaissance dudit mandat.
"Je ne suis pas du tout inquiet, parce que je sais que je n'ai rien à me reprocher", a déclaré Magashule aux journalistes présents sur les lieux.
Le mandat a été émis en relation avec le rôle présumé de Magashule dans un contrat de 15 millions de dollars destiné à retirer et à remplacer l'amiante des maisons des pauvres dans la province de l'État libre, où il était premier ministre.
Le mandat prendra effet dès vendredi, au cas où Magashule ne se rendrait pas aux forces de l'ordre.
Le président Cyril Ramaphosa, qui a pris ses fonctions en 2019, est un ardent défenseur de la lutte contre la corruption. En août, il a autorisé l'Unité spéciale d'enquête (SIU) à lancer une enquête sur les allégations liées à l'utilisation abusive des fonds alloués à la lutte contre la COVID-19.
"Il est scandaleux qu'en cette période de crise nationale, il y ait des entreprises et des individus qui cherchent à tirer un profit criminel de nos efforts pour protéger la santé des gens et sauver des vies", a déclaré Ramaphosa aux députés alors qu'il ordonnait à la SIU d'enquêter sur les allégations de corruption dans l'acquisition de biens et de services pour la réponse du pays à la pandémie de coronavirus.
Dans une déclaration audio, Pule Mabe, le porte-parole de l'ANC, a déclaré que le parti avait appris par les médias le lancement d'un mandat d'arrêt contre Magashule.
"Le secrétaire général [Magashule] a informé le mouvement qu'il serait en consultation avec son équipe juridique pour répondre au mieux aux derniers développements et pour déterminer la meilleure réponse à apporter à cette affaire", a-t-il souligné.
Mabe a déclaré que Magashule a déclaré à plusieurs reprises qu'il coopérerait avec les forces de l'ordre et que l'ANC suivrait l'affaire et donnerait des mises à jour le cas échéant.
Jessie Duarte, la secrétaire générale adjointe de l'ANC, et le trésorier général Paul Mashatile devraient s'exprimer, mercredi, lors d'un point de presse consacré aux derniers développements de cette affaire.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj