Lassaad Ben Ahmed
21 Novembre 2017•Mise à jour: 21 Novembre 2017
AA/Niamey/Kané Illa
Le président nigérien Issoufou Mahamadou a appelé la Cour pénale internationale (CPI) à s’impliquer dans l'affaire de l’esclavage des migrants africains, récemment révélé par la chaîne de télévision américaine CNN.
«L’esclavage est un crime contre l’Humanité. Nous demandons à la Cour pénale internationale de se saisir du dossier», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse animée lundi soir à son retour de Bonn (Allemagne) où il a pris part aux négociations sur les changements climatiques.
«Nous demandons que cette question soit inscrite à l’ordre du sommet Union-Africaine - Union Européenne d’Abidjan (29-30 novembre prochain, Ndlr) », a-t-il insisté.
Depuis la diffusion, le mardi 14 novembre dernier, par la chaîne de télévision américaine CNN d’une vidéo faisant cas d’un trafic de migrants africains en Libye, le Niger ne cesse de condamner cette situation et de demander à ce que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Dès le 17 novembre, il a vivement condamné ce qu’il a qualifié de «vente aux enchères» des migrants africains en Libye.
«Le gouvernement du Niger a appris avec consternation les révélations au sujet de la vente aux enchères des migrants africains présents sur le territoire de l’Etat de Libye comme esclaves», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Ibrahim Yacoubou dans un communiqué.
«Le gouvernement fortement indigné par ces pratiques avilissantes, condamne sans réserve de tels actes qui rappellent les heures sombres de l’Histoire de l’Humanité», a indiqué la même source.
Quelques jours après, le même ministre a convoqué l’ambassadeur de Libye en poste à Niamey, à qui il a fait part de l’indignation du Niger par rapport aux faits rapportés par CNN.
«J’ai reçu l’Ambassadeur de Libye au Niger pour lui faire part de l’indignation du Niger sur la vente de migrants africains en Libye», a écrit le ministre sur son compte Twitter.
«Je lui ai dit que tout doit être mis en œuvre pour faire cesser cette ignominie et en sanctionner les auteurs», a-t-il ajouté.
Le Niger n’a toujours pas dit si ses ressortissants, très nombreux en Libye, figurent parmi les victimes de «la vente aux enchères», a relevé la même source.
Cependant, de nombreuses associations locales de défense des droits de l’Homme et des citoyens ne cessent de condamner la situation en Libye, à travers les médias et les réseaux sociaux.