Hatem Kattou
30 Mai 2017•Mise à jour: 31 Mai 2017
AA / Tunis / Yemna Selmi
Mohamed Ennaceur, président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, parlement tunisien), a déclaré mardi qu’une séance plénière sera organisée dans le but de poursuivre le dialogue avec le Chef du gouvernement Youssef Chahed au sujet de la campagne de lutte contre la corruption.
Mohamed Ennaceur a expliqué qu’il a pris contact avec le Chef du gouvernement afin de l’inviter à participer à une séance de dialogue, et a précisé que Youssef Chahed a accepté l’invitation dans l’attente de fixer une date au courant de cette semaine.
Cette invitation au dialogue intervient à la suite de la campagne d’arrestation que le gouvernement a lancé la semaine dernière à l’encontre de plusieurs hommes d’affaires suspectés d’implication dans des affaires de corruption, de contrebande et d’atteinte à la sûreté de l’État.
Youssef Chahed s’est engagé, la semaine écoulée à « combattre la corruption jusqu’à la fin », et a souligné qu’« il n’y a pas d’autre choix dans cette bataille ». « Ou la corruption ou l’État... ou la corruption ou la Tunisie », a-t-il martelé.
Jilani Hammami, député du Front populaire (Coalition de partis de gauche), a déclaré lors de la plénière que « révéler la vérité était du ressort du parlement “.
Il a ajouté dans ce sens que ‘la campagne menée par le gouvernement n’est que manœuvres, règlements de comptes et manipulation des citoyens’.
Pour sa part, le président du Bloc démocratique (opposition), Salem Labyedh a indiqué dans une déclaration médiatique en marge de la séance plénière, que ‘le Parlement devrait constituer une commission d’investigation sur les soupçons qui tournent autour de certains députés’.
Labyedh a également appelé à ce que ‘la voie soit ouverte à la justice afin de vérifier les biens, les sources de financement et les relations de certains députés’.
Parallèlement, le président du bloc parlementaire d’Ennahdha, Noureddine Bhiri a exprimé le soutien au gouvernement dans sa lutte contre la corruption”.
Hassan Amari, député de Nidaa Tounes a pour sa part appelé “le parlement à ouvrir une enquête sur les accusations de corruption contre certains députés”. Le bloc parlementaire de Nidaa Tounes a condamné, dans un communiqué publié lundi, cette campagne et l’a qualifié de “suspecte” et dont le but est de “nuire au parti et à ses députés”.
Le bloc parlementaire de Nidaa a également annoncé “l’engagement de poursuites judiciaires contre toute personne impliquée dans cette campagne”.