Yosra Ouanes
18 Mai 2023•Mise à jour: 18 Mai 2023
AA / Tunisie / Yosra Ouannes
Des dizaines de journalistes ont participé, jeudi, à un sit-in de protestation dans la capitale tunisienne, Tunis, pour dénoncer la condamnation d'un journaliste à une peine de prison et pour défendre les droits et les libertés.
Le sit-in a été organisé à l'invitation du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et de 46 organisations et associations de la société civile, suite à la condamnation par un tribunal tunisien du journaliste Khalifa Guesmi à 5 ans de prison pour "divulgation de secrets liés à la sécurité".
Selon le correspondant d'Anadolu, les organisations et associations qui ont appelé au sit-in sont notamment l'Association des femmes démocrates, la Ligue tunisienne des droits de l'homme, l'organisation "I Watch" et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux.
Lors de son intervention pendant le sit-in, le président du SNJT, Mohamed Yassin Jelassi, a déclaré : "Nous sommes aujourd'hui devant le Syndicat des journalistes pour défendre la liberté d'expression".
"Il s'agit d'un sit-in de colère, pas seulement en défense des journalistes déférés devant la justice, mais aussi pour défendre la Tunisie et le droit des Tunisiens à un procès équitable, à demander des comptes aux gouvernants, et pour défendre la démocratie", a poursuivi Jelassi.
Et d'ajouter : "Nous menons cette bataille avec tous les partisans de la liberté en Tunisie. Tant qu'il y aura de la répression et des restrictions, cette mobilisation ne sera pas la dernière. Nous continuerons la lutte et l'action, et nous demeurerons la voix des marginalisés, des opprimés et du peuple".
La présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates, Naila Zoghlami, a pour sa part déclaré : "Nous soutenons les journalistes aujourd'hui avec fermeté et dignité, dans leur combat juste et légitime, et nous ne ménagerons aucun effort pour défendre la dignité des citoyens et la liberté des médias et d'expression contre toute forme de censure."
"Nous ne voulons pas d'un État policier. Nous ne céderons pas sur les libertés, et les lois et les décrets ne nous intimideront pas", a-t-elle également affirmé.
Jusqu'à 12h00 GMT, les autorités tunisiennes n'ont pas commenté le sit-in, mais elles ont coutume de répéter qu'elles respectent les libertés dans le cadre de la loi.
Le correspondant de radio Mosaïque à Kairouan, Khalifa Guesmi avait annoncé, mardi, avoir été condamné à cinq ans de prison par la cour d’appel de Tunis.
Guesmi avait été condamné en première instance, en novembre 2022, à un an de prison pour avoir refusé de révéler l’identité de sa source, après la parution d’un article sur l'arrestation de personnes soupçonnées de terrorisme dans le gouvernorat de Kairouan.
Le journaliste a en outre indiqué, dans un post sur les réseaux sociaux, qu’il était, pour le moment, maintenu en liberté, en attendant l’audience et le verdict de la cour de cassation.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj