Ammar El Khalfi
31 Octobre 2021•Mise à jour: 31 Octobre 2021
AA/ Khartoum
Le bilan des victimes des manifestations contre les décisions du commandant de l'armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, depuis lundi dernier, est passé à 11 morts, après qu'un manifestant a succombé à ses blessures, a annoncé dimanche le Comité des médecins du Soudan (non gouvernemental).
"Le révolutionnaire Marwane Jamel a rendu l'âme ce matin, au bout d'un jour de souffrance en soins intensifs, après avoir été blessé à la tête dans les événements survenus dans la ville de Bahri (est), dans la nuit du 28 octobre 2021, par les forces putschistes", a affirmé le Comité dans un communiqué.
Et d'ajouter : "Avec le martyre de Marwane et la mort de trois personnes (dans les manifestations de samedi), le bilan des martyrs du massacre commis par les putschistes dans les rangs des révolutionnaires, depuis le coup d'Etat du 25 octobre, passe à 11 martyrs, selon nos sources".
Samedi, le Comité des médecins du Soudan a annoncé que 3 manifestants avaient trouvé la mort "sous le feu du Conseil militaire", dans la ville d'Oumdourman (ouest de la capitale), alors qu'environ 110 autres étaient blessés, certains par des tirs à balles réelles, dans plusieurs villes du pays.
Depuis lundi, le Soudan est le théâtre de protestations et de manifestations, rejetant ce que l'opposition considère comme un « coup d'État militaire », à la suite de la déclaration de l'état d'urgence par l'armée, la dissolution du Conseil de souveraineté et celui des ministres, ainsi que la destitution des gouverneurs et l'arrestation de ministres, de fonctionnaires et de chefs de parti dans le pays.
Avant les procédures annoncées, lundi, le Soudan vivait, depuis le 21 août 2019, une période de transition de 53 mois qui s'achève par la tenue d'élections début 2024. Le pouvoir était partagé par l'armée, les forces civiles et les mouvements armés qui avaient signé un accord de paix avec le gouvernement en 2020.
*Traduit de l'arabe par Fatma Ben Dhaou