Esma Ben Said
25 Novembre 2017•Mise à jour: 26 Novembre 2017
AA/France/Fawzia Azzouz
Le 25 novembre marque la célébration de la Journée Internationale pour l'Elimination de la Violence contre les Femmes, un fléau qui concerne tous les pays du monde.
En France, rappelle le gouvernement une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Ce sont 123 décès chaque année, qui sont causés par un conjoint ou un ex-conjoint.
Cette année, cette journée internationale de lutte s'inscrit dans un contexte très particulier dans l'hexagone où depuis quelques semaines, la parole s'est très largement libérée notamment sur les réseaux sociaux grâce au hashtag #BalanceTonPorc.
De très nombreuses victimes de harcèlements, viols, ou attouchements ont pu, grâce à ce hashtag, dénoncer leurs agresseurs publiquement et permettre l'ouverture d'enquêtes ou de sanctions lorsque ces exactions ont eu lieu en milieu professionnel.
Les chiffres sont alarmant. Officiellement en France, 96730 plaintes ont été déposées par des femmes en 2016 auprès des services de police ou de gendarmerie pour des faits de violences physiques ou sexuelles. Parmi ces plaintes, 11.7% sont relatives à des menaces de mort.
Toujours en 2016, et d'après les chiffres officiels du ministère de l'intérieur, 93.000 femmes ont été victimes de viols. Près d'un tiers, sont commis par le conjoint ou l'ex-conjoint, et 46 % par une personne connue de la victime.
Le président de la République Emmanuel Macron a décidé de faire de "l'égalité hommes/femmes", la grande cause de son quinquennat et nul doute que le travail sera colossal à ce niveau.
Si moins d'une victime sur dix porte plainte, c'est tout simplement que souvent, la loi du silence s'impose, dès lors qu'il s'agit d'une victime en situation d'infériorité.
Ainsi, samedi 25 novembre, des manifestations sont organisées partout en France pour lutter contre les violences faites aux femmes et alerter l'opinion publique sur la gravité de ces faits.
Emmanuel Macron, qui s'est exprimé au cours d'un long discours annoncé de nombreuses mesures de lutte contre ces violences, alors qu'il avait été interpellé la veille par des militantes ayantt récolté 700000 soutiens en ligne avec le hashtag #SoyezAuRdv.
Le chef de l'Etat, appuyé par la secrétaire d'Etat en charge de l'égalité hommes/femmes Marlène Schiappa, a notamment fait part de son intention d'étendre les délais de prescriptions ainsi que de créer un délit pour sanctionner le harcèlement de rue par des amendes dissuasives.
Dans la matinée de samedi, le gouvernement a diffusé sur internet, un court clip, mettant en scène plusieurs personnages, connus du Paysage Audiovisuel Francais (PAF) dont le journaliste Mouloud Achour, pour sensibiliser à l'écoute et la compréhension de ce fléau, avec pour mot d'ordre "ne rien laisser passer".