Wejden Jlassi
27 Octobre 2020•Mise à jour: 27 Octobre 2020
AA / Khartoum
Le président du Conseil de la souveraineté de transition, Abdel-Fattah Al-Burhan, a reconnu, lundi, que le dossier du retrait du Soudan de la liste américaine des "États parrainant le terrorisme" est lié à la normalisation des relations entre son pays et Israël, affirmant que les deux dossiers sont indissociables.
Pendant des semaines, les responsables soudanais ont mis en doute la crédibilité des rapports de presse israélienne et américaine selon lesquels le Soudan optera pour la normalisation de ses relations avec Israël, en échange du retrait de son nom de la liste noire et l'obtention d'aide économique de milliards de dollars de la part de Washington
Dans une interview diffusée à la télévision nationale, al-Burhan a affirmé qu'il n'est pas possible d'évoquer le retrait du Soudan de la liste noire, en dehors de la normalisation.
Vendredi, le président américain Donald Trump avait signé officiellement la décision retirant le Soudan de la liste des Etats qui parrainent le terrorisme.
Il est à rappeler que le Soudan avait été inclus par les Etats-Unis sur la liste des Etats qui sponsorisent le terrorisme, pour avoir accueilli le défunt dirigeant de l'organisation «Al-Qaïda», Oussama ben Laden.
Peu après la signature de la décision par le président américain, le ministre soudanais des Affaires étrangères désigné, Omar Qamar al-Din, a annoncé que le gouvernement de transition a accepté de normaliser ses relations avec Israël.
Lundi, Al-Burhan a déclaré que cet accord avec Israël est un accord de paix qui est dans l'intérêt de toutes les parties.
Il a estimé que la normalisation est un catalyseur pour que les décideurs retirent le Soudan de la liste noire, soulignant que Washington est le décideur, et que la normalisation motive cette puissance mondiale à traiter avec Khartoum en tant que membre actif de la communauté internationale.
Le responsable soudanais a ajouté que son pays signera un accord avec Tel Aviv qui traitera des aspects de la coopération bilatérale notamment dans les domaines de la technologie, l'agriculture et la migration.
Il a indiqué que son pays dispose d'un brouillon de l'accord qui sera présenté aux trois composantes, le Conseil de souveraineté, le Conseil des ministres, les Forces de la Déclaration de liberté et de changement, ainsi que les mouvements armés qui ont signé l'accord de paix, puis il sera transféré au Conseil législatif (qui n'a pas encore été formé).
Il a expliqué que la normalisation signifie un retour à des relations normales ... soulignant que la conviction du Soudan c'est désormais être en bons termes avec tous les pays du monde et c'est l'une des obligations sur lesquelles s'est tenue la réunion d'Entebbe.
Le dirigeant soudanais Abdel Fattah al-Burhan et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu se sont rencontrés en février à Entebbe en Ouganda. Au menu des discussions: la normalisation des relations entre leurs deux pays.
Ainsi, le Soudan rejoint le peloton des "normalisateurs": les Émirats, Bahreïn (2020), la Jordanie (1994) et l'Égypte (1979).
La normalisation des Emirats, de Bahreïn et du Soudan avec Israël s'est heurtée à un rejet populaire généralisé.
Certains observateurs l'ont considérée comme une trahison de la cause palestinienne, alors que l'occupation israélienne continue de conquérir des territoires palestiniens.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi