Emna Meddeb
27 Février 2018•Mise à jour: 27 Février 2018
AA/ New York / Mohammed Tarek
L’Organisation des Nations unies (ONU) a déclaré, lundi, que la trêve quotidienne de 5 heures annoncée par Moscou dans la Ghouta orientale de Damas "vaut mieux que rien".
Cette déclaration intervient à un moment où le nombre de civils tués dans la Ghouta orientale, 48 heures après l’adoption de la trêve par le Conseil de sécurité, s’élève à 30 victimes dont des femmes et des enfants.
C’est ce qui ressort d’une conférence de presse du porte-parole du Secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, tenue lundi au siège de l’ONU à New York.
Selon Dujarric, l’ONU se déclare prête à acheminer les aides humanitaires en faveur des civils de la Ghouta, tant que les conditions de sécurité le permettraient aux chauffeurs de camion et aux secouristes humanitaires.
Plutôt dans la journée, le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné une trêve humanitaire quotidienne dans la Ghouta orientale, à partir de demain mardi, selon le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.
Choïgou a indiqué dans un communiqué publié par l’agence de presse russe "Interfax" que "la trêve comprend un cessez-le-feu entre 9h et 14h en vue d’aider à évacuer les civils de la région".
La décision russe survient, 48 hures après que le Conseil de sécurité avait adopté à l'unanimité, la résolution 2401 appelant à suspendre les opérations militaires en Syrie et à lever le siège imposé par les forces du Régime sur la Ghouta orientale de Damas et sur les autres régions habitées, pour une période de 30 jours.
"Nous voulons que la résolution du Conseil de sécurité (cessez-le-feu) soit appliquée", a insisté Dujarric.
Selon le responsable onusien, les actes d’hostilité ayant eu lieu depuis le 19 février dans la Ghouta orientale, ont entraîné la mort de 500 civils et la blessure de près de 1500 autres.
Il a également fait savoir que 24 installations sanitaires dans la région dévastée ont été endommagées en raison du bombardement et des raids aériens, outre la démolition de 3 sites humanitaires.
Depuis lundi dernier, les forces du Régime syrien bombardent intensément la Ghouta orientale, dernier grand bastion de l’opposition syrienne à proximité de Damas, bien que cette dernière soit parmi les zones de désescalade déterminées dans le cadre des pourparlers d’Astana.
Appuyé par des troupes russes, le Régime n’y a épargné ni les hôpitaux, ni les centres de la défense civile, affichant sa volonté d'en finir une fois pour toutes avec l'opposition dans la Ghouta orientale, ne se souciant que peu du sort des 400 mille civils qui y vivent assiégés, dans des conditions extrêmes, depuis plus de cinq ans.
La Syrie est enfermée dans une guerre civile dévastatrice depuis mars 2011. Le Régime d'al-Assad avait alors réprimé des manifestations pro-démocratiques avec une férocité inattendue, entraînant le pays dans chaos.
Alors que les responsables de l'ONU affirment que des centaines de milliers de personnes ont été tuées dans le conflit, le Régime syrien affirme que le nombre de morts est plus proche de 10 mille.