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12 Août 2021•Mise à jour: 13 Août 2021
AA/Tunis
Le mouvement Ennahda en Tunisie a annoncé, jeudi, la formation d'un comité temporaire pour gérer la crise politique dans le pays.
Le parti d’inspiration islamique a indiqué, par voie de communiqué avoir formé un comité pour gérer la crise politique dans le pays, dirigé par le membre du bureau exécutif du mouvement, Mohamed Goumani.
Ennahdha a souligné que le comité est temporaire et doté d’un mandat exclusif dans le dossier. Il s’agit désormais du seul organe officiel qui représente le mouvement. Toute autre position, initiative ou déclaration n’engage en rien le parti.Le comité vise à trouver des solutions et des ententes pour épargner le pire à la Tunisie et la ramener à une situation institutionnelle normale.
« La crise complexe que traverse la Tunisie a atteint récemment un degré d'aggravation et de blocage, qui a conduit le pays à une boucle politique et constitutionnelle fermée. Il faut déployer des efforts conjoints pour sortir de la crise, afin que la Tunisie puisse affronter ses actuels et futurs problèmes dans le cadre de l'unité nationale et de la Constitution », lit-on de même source.
Par ailleurs, Ennahdha a indiqué que les décisions présidentielles du 25 juillet visaient à sortir le pays de ce cercle et à trouver des solutions. Néanmoins, certaines de ces décisions ont été poussées trop loin jusqu’à « la violation flagrante de la Constitution ».
"La voie démocratique et le respect des libertés et des droits de l'homme formulés dans la Constitution sont des acquis pour lesquels le peuple tunisien s'est sacrifié et ne peuvent être abandonnés sous aucun prétexte", peut-on encore lire dans le communiqué d’Ennahdha.
Le mouvement a également déclaré qu'il a bien reçu le message du peuple, et qu’il annoncera courageusement son autocritique sans tarder à soutenir toutes les orientations qui respectent la Constitution, dont l'application de la loi sans exception, la poursuite des corrompus, la réalisation de réformes économiques et politiques et la préservation de la stabilité et de l'unité du pays.
Le 25 juillet, le Président de la République, Kaïs Saïed avait, en effet, activé l’article 80 de la Constitution, en vertu duquel, il avait suspendu les travaux du Parlement et levé l’immunité de tous les députés pour une durée de 30 jours. Aussi, avait-il limogé le chef du gouvernement Hichem Mechichi et annoncé qu'il allait en désigner un nouveau.
Il avait également annoncé qu'il allait temporairement occuper la tête de l’Exécutif et qu'il allait présider le ministère public, afin de "sauver le pays et restaurer la paix sociale", selon une allocution prononcée, le même jour, en marge d'une réunion d'urgence tenue avec des hauts cadres sécuritaires et militaires.
Depuis l’annonce de cette démarche, Saïed a limogé des ministres, des conseillers, des secrétaires généraux du cabinet du chef du gouvernement, ainsi que le PDG de la télévision d'État.
Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations populaires qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats du pays, exigeant la démission du gouvernement, dans un contexte de difficultés économiques et sanitaires et d'une crise politique qui dure depuis des mois dans le pays.
Cependant, la majorité des partis, dont Ennahdha (53 députés sur 217), ont rejeté ces décisions. Certains considèrent la démarche du président comme un « coup d'État contre la Constitution », tandis que d'autres la soutiennent et y voient une « correction du processus démocratique».
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi