Nadia Chahed
04 Avril 2018•Mise à jour: 04 Avril 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a plaidé pour la complémentarité et l’intégration économique entre les pays islamiques, seules à même de leur permettre de relever les défis de la conjoncture internationale et de favoriser leur développement économique.
Dans un discours prononcé à l’ouverture officielle des 43èmes assemblées annuelles du groupe de la Banque islamique de développement (BID) qui se tiennent actuellement à Gammarth dans la banlieue de Tunis, Chahed a estimé qu’un tel processus est de nature à contribuer à créer une dynamique économique et sociale grâce à l’élargissement des marchés, à l’accroissement du volume du commerce horizontal et au renforcement du flux des investissements entre les pays membres et, partant, à créer des emplois supplémentaires de manière à consacrer les fondements et les principes d’un développement durable et solidaire.
Parlant devant un parterre de quelque 2500 personnalités, ministres, cadres et représentants des institutions relevant du groupe de la BID, le chef du gouvernement tunisien a relevé le faible volume de la coopération entre les 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et leur faible contribution au commerce international.
Pour y remédier, il a préconisé la mise en oeuvre de mécanismes susceptibles de faciliter le commerce entre eux à la faveur de l’adoption d’un régime préférentiel en la matière sous l’égide de l’OCI et la mise en place de garanties pour l’export et l’investissement, en plus des critères de conformité.
Chahed a, à cet effet, souligné le besoin d’adopter de nouvelles stratégies de développement pour réaliser la croissance et qui soient basées sur l’innovation, la création et l’économie du savoir et axées essentiellement sur les secteurs technologiques à haute valeur ajoutée.
Le responsable tunisien a salué le programme quinquennal du président de la BID, Bandar Hamza Hajjar qui vise à promouvoir le rendement de cette institution pour en faire une banque de développement et de financement.
Il a rendu hommage aux initiatives lancées par la BID portant création d’un département du savoir et de la création et du lancement d’une plateforme électronique pour les créateurs, en plus de la mise place d’un fonds des sciences, de la technologie et de l’innovation d’un montant de 500 millions de dollars, dans le but de renforcer les innovations scientifiques dans les pays islamiques membres.
Le chef du gouvernement a, en outre, évoqué, dans ce contexte, le projet de loi initié par la Tunisie relatif aux startup (Startup Act), un projet qu’il a qualifié de pionnier dans la région et en Afrique, ainsi que le lancement du plan national stratégique “Tunisie numérique 2020” qui vise à réduire la fracture numérique et à permettre à la Tunisie d’entrer de plain-pied dans l’ère numérique et d’améliorer la gouvernance électronique intelligente. .
Il s’est félicité du niveau atteint par les relations de coopération entre la Tunisie et la BID dont les engagements se sont élevés à environ 3,2 milliards de dollars englobant des financements dans divers secteurs vitaux tels l’énergie, les eaux, l’agriculture, la santé, l’enseignement, l’emploi des jeunes et le développement du secteur privé.
Il s’est, également, dit persuadé que le document sur la nouvelle stratégie de partenariat Tunisie-BID pour la période 2018/2020 devant être signé à la fin des réunions de Tunis, ne manquera pas de conforter ces résultats positifs pour soutenir les efforts de développement de la Tunisie et asseoir les fondements d’un partenariat stratégique efficient et durable.
De son côté, le président de la BID a mis l’accent sur l’impératif de changer le modèle de développement des pays islamiques, pour pouvoir relever les défis du monde actuel, notant que celui en vigueur jusqu’ici a montré ses limites et s’est révélé non efficient.
Selon lui, le problème ne réside nullement dans les liquidités qui existent en flot, mais sur la démarche et le concept à adopter pour se mettre au diapason de l’évolution mondiale.
Il a mis l’accent sur la détermination de la banque islamique à opérer les restructurations nécessaires pour insuffler à ses instances plus de dynamisme et à varier les prestations qu’elles fournies aux Etats membres pour les inciter à changer leurs modèles de développement. Il a annoncé dans cet ordre d’idées, la création de deux fonds d’investissement dans le cadre du partenariat public-privé (PPP), l’un en Asie et l’autre en Afrique, notant qu’une réunion est prévue à cet effet, au Gabon les 9 et 10 mai prochain.
Sur un autre plan, M. Bandar Hajjar s’est félicité du lancement en Tunisie de la campagne humanitaire visant à sauver 10 millions d’enfants de la cécité, grâce à un fonds d’un montant de 250 millions de dollars.