Mohammed Maher Ben Romdhane
26 Février 2019•Mise à jour: 27 Février 2019
AA/Alger/ Abdel Razek Abdallah
Le chef d'État-Major de l’armée algérienne, Caid Salah, a mis en garde, mardi, contre les manifestations contestant la candidature du président Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat présidentiel, en les qualifiant d’"appels suspects".
Dans une déclaration aux leaders militaires algériens au niveau de la sixième zone militaire au sud du pays, Caid Salah s’est interrogé : « les Algériens, seraient t-ils poussés vers l’inconnu grâce à des appels suspects qui en l’apparence prônent la démocratie, mais traînent, en réalité, les Algériens sur une voie incertaine et non sécurisée ». « Cette voie ne mène ni au service de l’intérêt général, ni à un avenir radieux ». a-t-il poursuivi.
Bouteflika avait annoncé le 10 février sa candidature pour les prochaines élections présidentielles en réponse à l’appel de ses partisans. Il a également promis aux Algériens la tenue d’un congrès sur les grandes réformes en Algérie.
L’Algérie connait depuis l’annonce de Bouteflika un large mouvement populaire et des manifestations quasi-quotidiennes revendiquant le retrait du président en exercice de la participation à la prochaine élection présidentielle.
Ces manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays avec la participation de centaines de milliers d’algériens, vendredi dernier, et des étudiants des universités algériennes, mardi.
Le chef d'État-Major de l’armée algérienne a indiqué : « L’armée nationale populaire, en application de prérogatives constitutionnelles, considère toute personne appelant à la violence, sous toutes ses formes et en dépit de ses motivations, comme ignorante de la volonté du peuple algérien de vivre dans la paix et la sécurité ».
Ce mouvement populaire s’élargit de jour en jour. Les avocats algériens ont observé, lundi, un sit-in à Alger. Les universitaires ont signé une pétition annonçant leur soutien aux contestations. Des appels à manifester, vendredi, sont actuellement relayés.
Dans sa première déclaration en réaction à cette large contestation populaire, le président algérien a appelé les Algériens à faire le choix de la continuité. Il n’a, toutefois, pas expliqué la signification de la continuité dans ce contexte.
Ahmed Ouyahia, premier ministre algérien, s’est réjoui du caractère pacifique de ces manifestations en mettant en garde contre les éventuelles dérives. Il a affirmé que les élections trancheront en ce qui concerne la continuité de Bouteflika au pouvoir.
Bouteflika est, depuis, dimanche à Genève pour des analyses médicales de routine selon la présidence algérienne. Il est au pouvoir depuis 1999.