Nadia Chahed
13 Septembre 2017•Mise à jour: 13 Septembre 2017
AA/Alger/Karim Kabir
Le premier responsable du groupe Al Ahmadiya en Algérie, Mohamed Fali, a été condamné mercredi à six mois de prison avec sursis par le Tribunal de Ain Tedles (Mostaganem, 350 Km Ouest d’Alger), a indiqué son avocat, Me Salah Dabouze, sur son compte facebook
Selon l’avocat, son client qui devrait être libéré au courant de la journée va « probablement » faire appel.
Arrêté le 29 août dernier alors qu’il rendait visite à sa mère à Ain Sefra (760 Km Sud-ouest d’Alger), Mohamed Fali est poursuivi par six tribunaux à travers le territoire pour les mêmes chefs d’inculpation, comme il l’avait déclaré récemment à un média algérien: « collecte de fonds sans autorisation, Constitution d’association sans agrément et atteinte au Prophète ».
Apparu en 2006 en Algérie, le groupe des Ahmadis compte aujourd’hui environ 2000 adeptes dont pas moins de 240 sont poursuivis par la justice algérienne, certains ayant été condamnés tandis que d’autres sont en attente de jugement. Pour les autorités algériennes, ils sont considérés comme une secte.
On les accuse de «déviation confessionnelle» et d’ «atteinte à la cohésion nationale et au référent religieux national» (Sunnite-malékite).
Dans son plan d’action qu’il présentera dimanche prochain devant le parlement, le nouveau premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia soutient que «le gouvernement veillera avec fermeté à la protection des mosquées et des imams, à préserver la société, avec la force de la Loi, de toute tentative de semer la confusion en son sein, par le fait de sectes et de groupuscules religieux étrangers à nos riches traditions musulmanes ».
"La promotion de l’Islam, religion de l’Etat, se poursuivra à travers la mission du secteur des Affaires religieuses et des Wakfs, avec notamment la prise en charge de la formation des imams, la construction et l’entretien des mosquées, dont l’emblématique Grande Mosquée d’Alger", précise encore le document du gouvernement. Dans le même registre, "le Haut Conseil Islamique (HCI) disposera des moyens nécessaires au bon accomplissement de sa mission. Les Pouvoirs publics veilleront également à encourager et soutenir l’action des Zaouias (confréries), notamment pour concourir à la préservation et au respect des pratiques religieuses ancestrales du peuple algérien. Ils veilleront en outre au respect des dispositions de la Constitution concernant la pratique des autres religions du Livre en Algérie, dans la transparence et dans le cadre de la Législation pertinente », précise encore le document du gouvernement rendu public.
La veille du verdict, l’ONG Amnesty International a appelé à la libération de Mohamed Fali et l’abandon des charges retenues contre lui.
"Il s’agit d’un prisonnier d’opinion qui n’a fait que pratiquer pacifiquement sa religion", a estimé l’ONG dans un communiqué rendu public.