Esma Ben Said
23 Mars 2018•Mise à jour: 23 Mars 2018
AA/Alger/Karim Kabir
L’Algérie a renvoyé dans leur pays quelque 27 mille migrants illégaux issus des pays subsahariens, a indiqué le ministre de l’intérieur et des collectivités locales algérien, Nouredine Bedoui cité vendredi par la presse algérienne.
«Les opérations de rapatriement qui ont eu lieu ces trois dernières années ont permis le rapatriement de près de 27.000 ressortissants étrangers, résidant illégalement en Algérie, à la demande de leurs pays d'origine », a indiqué Bedoui en réponse à une question d’un parlementaire lors d’une session tenue jeudi.
«Cette opération se poursuit toujours, dans le respect total des droits de l'Homme et de la dignité humaine, conformément aux instructions du président de la République », a précisé le ministre.
Entamée depuis 2014, l’opération de rapatriement de migrants entrés illégalement en Algérie, issus pour la plupart des pays subsahariens et dont le nombre est inconnu, mais estimé par les ONG à environ 100 mille, a touché essentiellement les ressortissants du Niger avec lequel Alger a signé un accord.
Ces rapatriements sont souvent dénoncés par des ONG lesquelles critiquent l’absence de cadre juridique, les conditions de rapatriement et les conditions difficiles dans lesquelles vivent les migrants. Mais Alger s’en défend non sans faire valoir le souci sécuritaire, des terroristes pouvant se faufiler entre ces migrants.
«L’Algérie n'a pas coutume de faire étalage des gros moyens qu'elle consacre à la prise en charge de ces migrants, à la garantie de leur sécurité, de leur santé et à la préservation de leur dignité », a indiqué Nouredine Bedoui, ajoutant que «l'Algérie ne renoncera jamais à son rôle humanitaire, même dans les conditions les plus difficiles».
«L'Algérie a été parmi les premiers pays à avoir accueilli les migrants clandestins, en raison de leur situation difficile et pour éviter leur exploitation par les réseaux de trafic et de traite d'êtres humains, ainsi que par des groupes terroristes», a-t-il rappelé.
Dans le même contexte, il a révélé le démantèlement de plusieurs réseaux spécialisés dans l'émigration clandestine.
«L'émigration clandestine à partir de l'Algérie concerne une petite catégorie d'Algériens, par rapport au grand nombre de migrants clandestins étrangers qui se trouvent en Algérie (…) des réseaux spécialisés sont à l'origine de ce phénomène et que les services de sécurité ont démantelé nombre de ces réseaux et présenté les mis en cause à la Justice», a-t-il dit.
Il a indiqué que plusieurs mesures ont été prises pour endiguer le phénomène.
«Des mesures sécuritaires et administratives ont été prises, telles que l'intensification des investigations et enquêtes sécuritaires, le contrôle périodique des magasins spécialisés dans la vente d'équipements utilisés dans la fabrication des bateaux, ainsi que d'autres mesures en cours d'exécution », a-t-il ajouté sans plus de détails.
S’il soutient que «l'Algérie croit, d'un point de vue humanitaire, que les migrants clandestins sont contraints de se rendre en Algérie et vers d'autres pays, en quête de sécurité et de conditions de vie meilleures », Nouredine Bedoui regrette toutefois «l'exploitation par les réseaux criminels de ces migrants dans leurs entreprises criminelles », ce qui, selon lui, «menace notre sécurité et la stabilité de notre société».
«La préservation de la sécurité et de la sérénité publiques sont légitimes», s’est-il défendu.