AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Un échange tendu s’est installé ce lundi entre le président français Emmanuel Macron et le président du parti Les Républicains Bruno Retailleau, après des propos du chef de l’État qualifiant de « mabouls » les partisans d’une rupture avec l’Algérie.
En déplacement dans un hôpital en Ariège, Emmanuel Macron a critiqué « tous les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie », dans un échange avec des soignants portant notamment sur la situation des praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue).
Ces médecins, formés à l’étranger et autorisés à exercer en France sous conditions, constituent une ressource importante pour le système de santé, en particulier dans les zones en manque de professionnels, dites « déserts médicaux ».
Le président a également dénoncé la complexité administrative encadrant leur statut, estimant que le système actuel freine leur intégration durable dans les hôpitaux.
En réaction, Bruno Retailleau a dénoncé dans un communiqué un « faux prétexte » visant, selon lui, à « dissimuler les vrais problèmes » dans les relations avec l’Algérie.
Le responsable politique a affirmé que la question centrale concernait « les obligations de quitter le territoire français (OQTF) non exécutées », visant des personnes en situation irrégulière sous le coup d’une mesure d’éloignement.
Il a par ailleurs plaidé pour une ligne de « fermeté » vis-à-vis d’Alger, estimant que la politique actuelle ne permet pas de répondre aux tensions bilatérales.
En fin de journée, Emmanuel Macron a assuré « ne viser personne » dans ses propos, affirmant privilégier « une approche positive » dans la relation avec l’Algérie.
Au 1er janvier 2025, plus de 19.000 médecins diplômés hors Union européenne exerçaient en France, dont près de 39 % formés en Algérie, selon les données de l’Ordre des médecins.
Les relations entre Paris et Alger, marquées par des enjeux historiques, migratoires et diplomatiques, restent un sujet sensible dans le débat politique français, notamment sur les questions de coopération et de reconduite des ressortissants.