Nadia Al Chahed
04 Avril 2016•Mise à jour: 04 Avril 2016
AA/Brazzaville
La confusion règne toujours sur les auteurs des attaques armées qui ont visé tôt dans la matinée de lundi, un camp militaire et plusieurs quartiers du Sud de Brazzaville, a constaté le correspondant de Anadolu.
Si des sources proches du pouvoir, interrogées par Anadolu, ont affirmé sous couvert de l’anonymat, que les assaillants relèvent du mouvement rebelle « Ninja », des observateurs et des activistes de la société civile s’accordent à dire qu’il s’agit d’une « manœuvre orchestrée par le président Sassou N’guesso » pour "accabler l’opposition".
Des hommes armés non identifiés ont attaqué tôt lundi matin un poste militaire dans le quartier Mayanga (sud de Brazzaville), avaient rapporté à Anadolu, plus tôt dans la journée, des témoins oculaires, sans donner plus de détails sur l’identité des assaillants ni sur le bilan de l’attaque.
Des coups de feu ont, par ailleurs, été entendus dans plusieurs autres quartiers du sud d la capitale, connu pour être le fief de l’opposition, avaient rapporté d’autres témoins oculaires.
Aucune information n’a été livrée par le gouvernement ni par aucune partie militaire sur ces attaques, lundi jusqu’à 10h00 GMT. Des observateurs interrogés par Anadolu avaient, toutefois, déjà évoqué une "action rebelle visant le régime du président Sassou", réélu le 20 mars pour un nouveau mandat contesté par l’opposition.
Le Mouvement «Ninja », qui était proche de l’ex-premier ministre Bernard Kolela, dont le fils Guy Brice Parfait est arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle, a été récupéré par Frédéric Bintsamou. celui ci se présente comme un "responsable religieux", il vit entouré de ses partisans dans le sud de Brazzaville.
Ces attaques surviennent une semaine après l'appel lancé au peuple congolais par cinq candidats de l’opposition, malheureux à la présidentielle du 20 mars, dont Guy Brice Parfait, à «exercer pleinement sa souveraineté et à revendiquer sa victoire démocratique à travers des actions reconnues par la loi : villes mortes et autres grèves, meetings et marches pacifiques», afin de dénoncer les « fraudes massives » qui ont marqué le processus électoral.
Denis Sassou-Nguesso, 72 ans, cumule 32 ans de pouvoir à la tête du Congo-Brazzaville. Il a dû réformer la constitution pour faire sauter les deux verrous interdisant sa candidature: à savoir la limite d’âge de 70 ans, et la limite de deux mandats présidentiels.