Lassaad Ben Ahmed
08 Octobre 2020•Mise à jour: 08 Octobre 2020
AA / Ouagadougou / Dramane Traoré
Le gouvernement burkinabè a désapprouvé, mercredi, la destruction, il y a un mois, de la mosquée du quartier Panzani, arrondissement n°09 de Ouagadougou, suite à un litige foncier opposant les fidèles de ce lieu de culte à un particulier.
Le gouvernement "désapprouve la destruction d’un lieu de culte quelles que soient les raisons qui ont conduit à cette situation et une procédure est mise en œuvre pour que la propriété du terrain revienne à l’Etat, dans le respect des procédures en la matière", rapporte, jeudi, le rapport du conseil des ministres.
"Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour une gestion apaisée de cette situation", ajoute la même source.
En effet, le 7 septembre dernier, un litige foncier qui opposait les fidèles musulmans de la mosquée de ce quartier populaire de la capitale burkinabè à un particulier a conduit à la démolition de leur lieu de culte.
Ce jour-là, sur décision d’huissier, une partie de la mosquée a été démolie par des engins de travaux publics avant que les fidèles n’opposent une farouche résistance.
Le terrain d'une superficie de 8.289 mètres carrés était disputé par Moussa Guigma, l'actuel occupant et Jacques Ouédraogo, un instituteur. Chacun d'eux prétend être le propriétaire du terrain.
Ouédraogo présentait des documents fonciers, dont l’authenticité est mise en doute par les fidèles qui occupent l’espace depuis 2007.
Le lendemain, la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) avait condamné rapidement cette destruction, et "la violence physique exercée sur le promoteur sans avoir épuisé les voies de la conciliation et sans en informer les responsables d’une quelconque autorisation de démolition".
Selon la version du promoteur de ce lieu de culte, des individus se réclamant propriétaires des lieux, sans l’avoir jamais prouvé par les documents de la mairie concernée, sont venus, escortés par les forces de sécurité, démolir les infrastructures se trouvant sur le site y compris la mosquée, souligne la Fédération des associations islamiques du Burkina.
Elle avait interpelé les autorités compétentes à accorder une attention particulière à cette situation confligène.
La décision du gouvernement a été bien appréciée par la FAIB qui a par ailleurs appelé l’ensemble des musulmans au calme et à la retenue.
"L'esprit de dialogue, de cohésion sociale, de paix et du vivre ensemble qu'a toujours fait montre notre communauté doit être la boussole de chacun d'entre nous, pour consolider la paix dans notre cher pays, car l'Islam c'est la paix", a-t-elle encore écrit.
"La réaction sous l'effet de la colère est contraire aux enseignements de l'Islam et ne saurait être la réponse à cette situation qui nous préoccupait tous”, a-t-elle conclu.