Nadia Chahed
16 Décembre 2017•Mise à jour: 16 Décembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L’Union européenne a condamné le processus de révision constitutionnelle initié par les autorités burundaises "de manière unilatérale", a appris Anadolu d’une déclaration diffusée sur le site officiel de l’UE.
Cette décision unilatérale "va à contre-courant des efforts de concertation et pourrait conduire à l'abandon de dispositions clés de l'Accord de paix d'Arusha, qui reste à ce jour le principal instrument pour la paix et la stabilité du Burundi et de la région", a déclaré Catherine Ray, Porte-parole de l’UE sur le Dialogue inter-burundais, dans le communiqué publié vendredi soir..
Estimant qu'"un dialogue entre tous les acteurs burundais est la seule voie possible pour établir une solution durable à la crise politique au Burundi", l'UE réitère "son appel au dialogue et exprime son plein soutien aux efforts de médiation en cours".
Elle rappelle, en outre, "qu'un engagement sincère et sérieux de tous les acteurs burundais, en particulier du gouvernement, soutenu par les pays de la région, est nécessaire à la réussite de la mission confiée au Président Mkapa ( médiateur du dialogue inter-burundais-ndlr)".
Elle rappelle, enfin, que la dernière session de dialogue inter-burundais organisée du 27 novembre au 8 décembre à Arusha en Tanzanie "n’a pas permis de parvenir à des conclusions conjointes".
Le gouvernement burundais n’a pas encore réagi à cette déclaration.
La commission électorale indépendante avait annoncé, vendredi, que le référendum constitutionnel sera organisé en mai 2018.
Dans le but de pousser les autorités burundaises au dialogue avec l’opposition, l’UE a pris la décision, depuis le 14 mars 2016, de suspendre son aide directe au gouvernement burundais accusé de violations graves des droits de l’Homme.
Néanmoins, elle a maintenu son soutien financier à la population et son aide humanitaire. Avec une aide globale de quelque 430 millions d’euros pour la période 2015-2020, l’UE est le premier donateur du Burundi.
Le Burundi est plongé dans une crise politico-sécuritaire, depuis avril 2015, liée au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza jugé illégal et anticonstitutionnelle contestée par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Les violences consécutives ont fait depuis un an plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à l’exil d’après le récent rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR, 11 décembre 2017).
Une situation qui n'a pas empêché Nkurunziza de décider une révision de la constitution sans attendre les résultats du dialogue extérieur jugé plus indépendant et conduit par la Communauté est-africaine (CAE) sous l’égide du Facilitateur Benjamin Mkapa.
Décision qualifiée de "forcing" par l’opposition radicale qui estime que réviser la constitution sans trouver une solution à la crise actuelle aggraverait la situation.