Afrique

Burundi : Les sénateurs demandent le rapatriement des archives gardées en Belgique

Nadia Chahed   | 15.03.2018
Burundi : Les sénateurs demandent le rapatriement des archives gardées en Belgique

Bujumbura


AA/Bujumbura/Jean Bosco

Les Sénateurs du Burundi ont demandé «le rapatriement de toutes les archives sur le Burundi, gardées illégalement en Belgique, son dernier pays colonisateur», a déclaré Révérien Ndikuriyo, président du Sénat burundais, sur la radio d’Etat (Rtnb).

Cette demande a été faite à l’occasion d’une retraite des sénateurs tenue mercredi dans la commune de Nyanza-lac (à 200 km de Bujumbura vers le sud).

"Nous voulons analyser, comprendre et échanger sur les écrits portant sur l’histoire du Burundi en particulier sous la colonisation belge", a-t-il expliqué, soulignant qu' "avant la colonisation belge, les Burundais étaient unis, répartis en plusieurs clans et non en ethnies".

Ces dernières années, Bujumbura accuse la Belgique d’avoir divisé les Burundais en trois ethnies (hutus majoritaires, tutsis minoritaires et des twa-pygmées ultra minoritaires) et, par conséquent, d’être à l’origine des conflits ethniques qui ont cycliquement endeuillé le pays pendant les dernières décennies.

Avant d’accéder à son indépendance le 1er juillet 1962, le Burundi avait successivement été une colonie allemande (1890-1916) et belge (1916-1962).

Tout comme l’Assemblée nationale, le sénat du Burundi est largement dominé par le parti au pouvoir (Conseil national pour la défense de la démocratie-forces de défense de la démocratie, Cndd-Fdd) avec 33 membres sur un total de 41 sénateurs.

Bruxelles n’a pas encore réagi à la demande du Sénat burundais.

Depuis plus de deux ans, les relations entre Bruxelles et Bujumbura sont au plus mal. Le Burundi accuse aussi la Belgique d’héberger ses opposants dont des auteurs de la tentative de coup d’Etat de mai 2015.

A l’instar de nombreux autres pays occidentaux, la Belgique a suspendu son aide directe au Burundi, qui était pourtant son principal partenaire économique.

Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis que le président Pierre Nkurunziza avait annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, jugé non constitutionnel par l'opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti.

Un mandat qu'il a, quand même, obtenu en juillet de la même année au terme d'une élection boycottée par l'opposition. Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le dernier rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 janvier 2018.

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