Esma Ben Said
27 Avril 2018•Mise à jour: 28 Avril 2018
AA/Peter Kum
Environs 24 pensionnaires de la prison d’arrêt de Mbaïki, dans le sud-ouest de la République Centrafricaine, se sont évadés dans la nuit de mardi à mercredi, a révélé vendredi à Anadolu le procureur près du Tribunal de grande instance de Mbaïki, Thibaud Romaric Beya.
« Vers 20 heures GMT dans la nuit de mardi à mercredi, les prisonniers ont commencé à chanter des louanges dans la prison. D’autres en ont profité pour creuser une issue derrière le bâtiment avec des matériels en fer », a expliqué le procureur Beya.
« Les chants ont distrait les gardiens qui ont été surpris par l’évasion », a-t-il précisé.
D’après le préfet du département de la localité, Francis Bangue Doungopou, cette évasion témoigne des mauvaises conditions de détention dans la ville de Mbaïki.
« Il n’y a que quatre gardes dans la prison pour des centaines de prisonniers, nous invitons le gouvernement à renforcer leur effectif », a-t-il déclaré à Anadolu.
« La plupart des établissements pénitentiaires de l’intérieur du pays ne sont plus opérationnels, les personnels pénitentiaires sont restés sans activité, seulement quelques-uns sont employés pour les services de la Maison centrale de Ngaragba (Bangui), de l’annexe du camp de Roux, de la prison pour femme de Bimbo, des maisons d’arrêt de Bouar, Berberati (Nord) et Mbaïki; et d’autres pour les services de l’administration », a déploré Aboubacar Sidiki Koulibaly, directeur pays du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
« En effet, il n’existe, pour l’heure, aucune formation spécifique pour les agents des établissements pénitentiaires centrafricains qui ont appris la profession de greffier pénitentiaire sur le tard », relève pour sa part le Ministre de la Justice, des Droits de I'Homme, Garde des Sceaux Monsieur Flavien Mbata, joint par Anadolu.
Ces divers défis structurels, financiers et humains ont été sérieusement aggravés par les conséquences des dernières crises socio-politiques qui ont affecté la RCA depuis le putsch de 2013.
A ce jour, la surveillance des prisons et maisons d’arrêt est assurée par des personnels militaires non formés à la profession pénitentiaire.