Nacer Talel
03 Février 2021•Mise à jour: 04 Février 2021
AA / Nacer Talel
A part les communiqués de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine) et ceux des différents ministères centrafricains, les informations qui surgissent des régions sont rares et difficile à vérifier. A part « les visite guidées », le gouvernement interdit aux journalistes locaux et étrangers d’aller dans les zones qui échappent à son contrôle sous prétexte d’insécurité.
Les forces russes, venues dans le pays suite à un accord bilatéral entre la République centrafricaine et la Russie, font l'objet de critiques sur les vrais motifs derrière ce partenariat, surtout après l'octroi de permis d’exploration et d’exploitation des mines de diamant et d’or a des compagnies russes appartenant à la société privée Wagner.
Dans des déclarations à l’Agence Anadolu, le porte-parole des groupes armées Aboubacar Siddick Ali avait accusé les Casques bleus de la MINUSCA de combattre côte à côte avec des « mercenaires russes ». Des propos réfutés par Vladimir Monteiro, porte-parole de la MINUSCA, joint au téléphone par l'Agence Anadolu.
« Nous ne travaillons pas avec les forces qui sont venus en République Centrafricaine à travers les accords bilatéraux, c'est à dire les Russes et les Rwandais. Il se trouve que ces forces sont sur le terrain et que nous sommes également sur le terrain. Donc, pour éviter certains problèmes, par exemple qu’on ne se tire dessus lorsqu’on est sur le terrain d’opération, il y a un mécanisme d'échange d’informations qui a été créé mais c’est juste un mécanisme d’échanges d’informations. Il ne s’agit pas d’un état-major intégré ni d’opération conjointe ni quoi que ce soit [...] la MINUSCA opère de manière indépendante et la seule force qu’elle soutient c’est les forces armées centrafricaines. Donc, les informations qui disent que nous collaborons, travaillons ensemble, ou que nous menons des opérations conjointes avec les forces russes ne correspondent pas à la vérité », déclare-t-il.
Et d'ajouter : "La stratégie de la MINUSCA est d’appuyer le processus politique et le processus de paix. D’ailleurs, lorsqu’il a été au Conseil de sécurité, le 21 janvier, le représentant spécial avait terminé ses propos en disant qu’il n’y a pas de solution à la crise sauf le dialogue, tout en tenant compte de deux aspects importants qui sont la lutte contre l’impunité et la justice, mais cela passe par le dialogue".
"Comment sera ce dialogue? C’est au gouvernement de décider le format", a souligné Vladimir Monteiro, rappelant "qu’il y’a des gens dans la coalition actuelle qui ont commis des crimes extrêmement graves."
"Donc, la stratégie c’est le dialogue, mais en même temps, on doit protéger les populations. Et on protège la population à travers plusieurs mécanismes y compris la force. La stratégie c’est le dialogue et c’est ce que le Conseil de sécurité, l’Union africaine, les Nations Unies, la CEEAC et l’Union européenne ont également affirmé", a t-il expliqué.
D’ailleurs, le président Taoudera a déclaré qu’il allait poursuivre sa politique de main tendue après son investiture. C’est également ce que la MINUSCA et les Nation Unies et les partenaires avaient recommandé.
"Il n’est pas question de discuter d’un nouvel accord, pour les Nations Unies et la communauté internationale", a t-il poursuivi.
"Il faut relancer l’accord de paix de Khartoum, c’est l’accord qui a permis d’atteindre certains résultats, même s’il y’a eu beaucoup de violations, c’est cet accord qu’il faut remettre sur scène, le consolider, corriger ce qui n’a pas fonctionné [...] ce serait un dialogue dans le cadre de cet accord en tenant compte des aspects de justice et de lutte contre l’impunité", a t-il conclu.
Pour rappel, depuis le 19 décembre, les combats se poursuivent en Centrafrique entre la coalition des groupes armés et les forces nationales, soutenues par leurs alliés internationaux.