Lassaad Ben Ahmed
11 Septembre 2017•Mise à jour: 12 Septembre 2017
AA/Bangui/Krock Sylvestre
Trois personnes ont péri dans une attaque lancée par des individus armés assimilés aux éléments des ‘’3R’’ (Retour-réhabilitation- réconciliation) du chef rebelle camerounais Abass Sidiki, qui sévit dans la province centrafricaine de l’Ouham Pendé, ainsi que dans une partie de la province de la Nana Mambéré, qui ont fait irruption dans le village Vacap situé à 30 kilomètres de Bouar, chef-lieu de la Nana Mambéré (Ouest).
Alors qu’un calme précaire revient à Bria dans le Centre-Est de la république centrafricaine, des affrontements entre Anti-balaka (milices chrétiennes) et ex-Séléka (milices musulmanes) sont signalés à Batangafo dans le Nord et une incursion d'hommes armés à Bouar dans l’Ouest.
Le bilan a été donné par le révérend père Bernard Siloualé Zibongo de l’église orthodoxe, qui a indiqué que des maisons ont été également incendiées.
« Tout a commencé le 9 septembre aux alentours de 10 heures, quand les éléments de 3R ont fait irruption dans ce village. Ils ont massacré, tué et incendié des dizaines de maisons. Je suis arrivé sur les lieux pour constater les dégâts commis. Le bilan fait état de trois morts côté population civile et des blessés transférés à l’hôpital de Béninga », a précisé Zibongo.
Serge Towa, étudiant à l’école d’élevage de Bouar, joint, lundi par Anadolu, a confirmé les faits : « Le dimanche, la paisible population sortait des lieux de culte, lorsque des habitants du village Vacap, en fuite, sont arrivés en masse dans la ville de Bouar. La peur se lisait sur le visage des hommes, des femmes et des petits enfants".
"Selon leurs récits, il s’agirait d'éléments de Sidiki. Présentement, la psychose s’est emparée des habitants de Bouar qui se demandent si la prochaine cible de ces assaillants ne serait pas la ville de Bouar située seulement à 30km de Vacap. Vraiment, c’est regrettable parce que la cohésion sociale et le réapprentissage du vivre ensemble sont effectifs à Bouar. Les musulmans du quartier Haoussa sont tous revenus, ils vaquent librement à leurs occupations et cohabitent pacifiquement avec les chrétiens", a-t-il poursuivi.
Dans le même temps, à Batangafo, des affrontements entre ex-Sélaka et Anti-balaka ont été signalés depuis le milieu de la semaine passée. La liaison téléphonique est coupée. Il est difficile d’entrer en contact avec les habitants de la ville. Néanmoins, ce lundi, un habitant de Batangafo dans sa fuite a pu gagner la ville de Bouca. Joint au téléphone par Anadolu, il a affirmé que tout a commencé par l’assassinat d’un jeune de confession chrétienne par les ex-Séléka.
Notons que ce regain de violence à Batangafo intervient une semaine après la visite du ministre des Affaires sociales, Virginie Baïkoua, dans la localité, et la mise en place d’un Comité de paix et un culte œcuménique ayant rassemblé chrétiens et musulmans.