Hatem Kattou
01 Août 2017•Mise à jour: 01 Août 2017
AA/Brazzaville/Rosie Tshanda
Le Parti Congolais du Travail (PCT) du président congolais Denis Sassou-Nguesso, devrait confortablement reconduire sa majorité à l'Assemblée nationale, après le second tour des Législatives qui se sont tenues dimanche, selon les observateurs politiques.
Le scrutin a été marqué par plusieurs incidents dans certaines circonscriptions et par un report sine die dans 9 des 14 circonscriptions électorales que compte le département du Pool, situé dans le sud du pays, en proie à des violences post-électorales depuis réélection contestée en 2016 de Nguesso à la tête du pays.
Le Parti congolais du travail (PCT) du président avait déjà remporté 72 sièges sur 151 au premier tour le 16 juillet, contre sept pour l'Union des démocrates et humanistes (UDH-Yuki) de Guy-Brice Parfait Kolélas et trois pour l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) de Pascal Tsaty Mabiala.
Les résultats à ce scrutin qui devraient être dévoilés dans les jours à venir détermineront désormais qui de ces deux partis occupera la place de leader de l’opposition au Congo, dans la prochaine Assemblée, qui sera composée de 151 sièges, contre 139 actuellement.
- Un scrutin émaillé d'incidents
Dimanche soir, le dépouillement dans un grand bureau de Brazzaville donnait 362 votants sur 999 inscrits, avec 251 voix pour le candidat du PCT et 103 pour son adversaire, et huit bulletins nuls, a relaté la presse locale.
Pour les observateurs politiques, ce dépouillement prouve la large avance que prendra le parti du président sur les autres listes.
A Poto-Poto et à Ouenzé, deux quartiers populaires de Brazzaville, le scrutin s'est déroulé non sans incidents. L'opposition a accusé des militaires d'avoir voté frauduleusement pour le compte du candidat PCT Jean de Dieu Kourissa.
Les militants du candidat indépendant Rich Gérard Bokilo ont protesté contre la présence des militaires en leur lançant des pierres, des coups de feu ont même été tirés en l’air à Poto-Poto pour les disperser tandis que le candidat Indépendant de Ouenzé, Marien Ikama a dû annoncer le retrait de sa candidature, laissant ainsi champ libre à son rival du PCT, Dominique Ondzé, ont rapporté des témoins oculaires à Anadolu.
Au cours d’une émission animée dimanche soir sur une télévision locale, Asie Dominique de Marseille, candidat aux législatives dans le District d’Ewo (ouest), qui se considère comme membre de la majorité présidentielle, a également décrié la fraude organisée en faveur de son rival, candidat PCT dans la circonscription, avant de déclarer face à la presse : «Ce n’est pas légal, et si on s’en tient à la loi, le vote dans ces bureaux doit être annulé. (…). »
Quelque 2 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dimanche pour le deuxième et dernier tour des Législatives boycottées par une partie de l’opposition.
On ignore le taux de participants au scrutin mais, d'après des propos recueillis par Anadolu, celui-ci est particulièrement "faible" et à Brazzaville et Pointe-Noire, les principales villes de ce pays qui compte près de 5,1 millions d’habitants en 2017.