Nadia Chahed
10 Juin 2018•Mise à jour: 10 Juin 2018
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L’acquittement de l’ancien vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, par la Cour pénale internationale (CPI), a été salué par un grand nombre de leaders de l'opposition congolaise, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Jean-Pierre Bemba, a été acquitté, vendredi, par la Cour Pénale Internationale ( CPI) des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en République centrafricaine.
La CPI a, cependant, décidé son maintien "en détention eu égard à une autre affaire dans laquelle il a été déclaré coupable d’atteintes à l’administration de la justice, dans l’attente d’une décision de la Chambre de première instance".
Réagissant à ce verdict, dans une publication sur son compte twitter, Félix Tshisekedi, chef du plus grand parti d’opposition en RDC, l’Union pour la démocratique et le progrès social (UDPS), a écrit "j'apprends avec joie et soulagement l'abandon des charges qui pesaient sur Bemba. (...) Son retour sur la scène politique congolaise sera sans nul doute un renfort considérable pour le camp de l'alternance".
Le candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre prochain, Moïse Katumbi qui jouit d’une grande popularité dans le pays, a déclaré sur son compte twitter que cet acquittement "montre que la vérité finit toujours par triompher", notant que "cette décision marque le début d’une nouvelle ère de justice en RDC".
Interrogé à ce propos par Anadolu, le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba a déclaré "nous ne pouvons que prendre acte de ce verdict. Il peut revenir quand il veut, il sera le bienvenu".
Cet acquittement vient " bousculer les calculs établis par l’opposition à l’approche de la présidentielle", a estimé pour sa part le porte-parole de la majorité présidentielle, Alain Atundu, Joint par Anadolu.
Plusieurs militants de l’opposition et essentiellement du parti de Bemba, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) ont estimé que l’acquittement de leur leader changera la donne pour la peochaine présidentielle. Ce dernier ayant récolté, lors du deuxième tour de la première présidentielle en RDC (juillet 2006), 44 % des voix.
Condamné, en juin 2016, à 18 ans de prison pour crimes et viols commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC) en République centrafricaine, voisine à la RDC, entre 2002 et 2003, Bemba avait interjeté appel de sa condamnation quelques jours après sa condamnation.
Son procès en appel s’est ouvert, début janvier 2018. L'acquittant des charges retenues contre lui, la Chambre d'appel de la CPI a expliqué dans un communiqué que Bemba, chef du MLC, n’avait pas le contrôle de ses troupes (plus de 1000) déployées en Centrafrique pour soutenir le président Ange-Félix Patassé face à une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé.
"Ce verdict (…) est une insulte aux milliers de victimes de l’armée qu’il a équipée, dirigée, et envoyée semer la désolation en Centrafrique", a réagi Karine Bonneau, chef du Bureau Justice internationale de la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), dans un communiqué publié vendredi
Les rescapés, plus de 5000, rencontrés en Centrafrique il y a quelques mois "attendaient anxieusement les réparations pour les horreurs subies. Aujourd’hui, les juges viennent de leur voler leurs derniers espoirs d’indemnisation et les renvoient à leur solitude et précarité.", a-t-elle encore déploré.