Mohamed Safwene Grira
19 Janvier 2017•Mise à jour: 20 Janvier 2017
AA/ Abidjan/ Fulbert Yao
Quatre militaires ont été tués et plusieurs autres blessés lors de la mutinerie qui a eu lieu mardi à Yamoussoukro, la capitale ivoirienne, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Bruno Koné.
"Des enquêtes sont en cours pour situer les responsabilités", a déclaré Koné lors d’une conférence de presse conjointe avec les ministres de la sécurité, de la défense et de la fonction publique.
Deux militaires mutins sont morts dans des confrontations mardi, un autre dans la nuit de mardi à mercredi et un quatrième mercredi matin par "balle perdu", a détaillé pour sa part le ministre de la défense Richard Donwahi, sans préciser à quel camp appartenait les deux derniers militaires.
Mardi, des échanges de tirs entre militaires venus rétablir l’ordre et des mutins ont éclaté à Yamoussourkro. Ceux-ci réclamaient la prise en compte de tous les corps d’armées dans le paiement de primes octroyées à chacun des 8400 soldats issus des Forces nouvelles, ancienne rébellion, qui avaient provoqué une mutinerie il y a une douzaine de jours.
La confrontation avec les éléments de la Garde républicaine a eu lieu alors que les mutins tentaient de "s’emparer de la poudrière" de la garde républicaine de Yamoussoukro. Plusieurs autres villes ont connu pareils mouvements de mutinerie, mardi.
"Le président de la République a instruit les grands commandements de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale ainsi que le ministre de la Défense d’initier des rencontres avec toutes les composantes de nos forces de défense et de sécurité afin de recenser toutes leurs préoccupations", a assuré le ministre Bruno Koné.
Dans la nuit du 6 au 7 janvier, un groupe de soldats a fait irruption dans l’Etat-major de la 3ème Région militaire de Bouaké (Centre) en faisant usage d’armes à feu. La mutinerie s’est aussitôt étendue à d'autres villes du Nord et du Centre, touchant jusqu'à la capitale économique Abidjan.
Les revendications de ces soldats tournaient autour de paiement de primes, d'augmentations salariales et l'évolution des carrières.
Le président Alassana Ouattara a donné rapidement son accord pour la prise en compte des revendications des mutins, tout en déplorant les méthodes employées.