Nadia Chahed
13 Janvier 2017•Mise à jour: 14 Janvier 2017
AA/Bouaké (Côte d’Ivoire) / Issiaka N’guessan
Le ministre ivoirien de la Défense, Alain Richard Donwahi est arrivé, vendredi en début d'après-midi à Bouaké (Centre), où il doit poursuivre les pourparlers avec les militaires auteurs de la mutinerie du week-end dernier.
"Il y a eu beaucoup de rumeurs toute cette semaine et nous allons nous atteler à y mettre fin. Bouaké se porte mieux", a assuré Donwahi à son arrivée à l’aéroport international de Bouaké, accompagné du ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Emploi des jeunes et du Service civique Sidi Touré et du chef d’Etat-major général des Armées, Sékou Touré.
En vue de réunir les conditions de succès de ces négociations, des ex-chefs rebelles, Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara, dit Wattao, accompagnent le ministre de la Défense.
Les chefs traditionnels, la Société civile, la municipalité et les guides religieux de Bouaké sont aussi présents pour aider à identifier une solution à cette crise de l’armée.
Vendredi matin, une centaine de jeunes sont sortis manifester contre les mutins qui ont usé de tirs de sommation pour les disperser, appris Anadolu auprès de témoins oculaires.
Pour la reconstruction de la nouvelle armée ivoirienne, les forces armées de Côte d’Ivoire (FACI), 8400 éléments issus des ex-Forces Nouvelles, la rébellion du Nord qui luttait contre le pouvoir de Laurent Gbagbo du 19 septembre 2002 au 11 avril 2011 ont été intégrés dans les effectifs.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, un groupe de militaires a fait irruption dans l’Etat-major de la 3ème Région Militaire à Bouaké en faisant usage d’armes à feu. La mutinerie s’est aussitôt étendue aux villes de Korhogo (Nord), d'Odienné (Nord), de Daloa (Centre-Ouest) et de Daoukro (Centre-Est), et à Abidjan.
Les revendications de ces soldats tournaient autour de paiement de primes, d'augmentations salariales et de réduction du temps des grades étaient parmi les revendications des soldats.
Samedi dernier, le président Alassana Ouattara avait donné son accord pour la prise en compte des revendications des mutins. Cet accord faisait suite à des pourparlers engagés avec une délégation de ces soldats à Bouaké par le ministre de la Défense Alain-Richard Donwahi. Le ministre ivoirien a même été pris en otage, pendant quelques heures par les mutins, avant d'être relâché.
Le chef de l'Etat a, néanmoins, déploré les méthodes employées par les soldats à qui il a demandé de regagner les casernes.