Lassaad Ben Ahmed
05 Mars 2020•Mise à jour: 05 Mars 2020
AA / Abidjan / Fulbert Yao
La classe politique ivoirienne a émis ses premières réactions, suite à l’engagement pris ce jeudi à Yamoussoukro (centre) par le président Alassane Ouattara de ne pas se porter candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020.
Du côté du pouvoir, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly cadre du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti présidentiel, estime que : « Aujourd'hui, jeudi 5 mars 2020, le Président de la République, AlassaneOuattara, a marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire de la plus belle des manières ». Il dit qu’il était « fier et honoré d’être l’un de ses disciples ».
Pour sa part, le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, cadre du RHDP, a considéré que Ouattara est «un grand africain qui donne de l’espoir à notre continent ».
« C’est l’expression d’un grand homme, un homme d’honneur. Alors qu’il a tout pour rester au pouvoir, il s’en va. C’est une leçon pour tous les présidents africains et les anciens présidents », a aussi réagi Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP, sur sa page.
Au Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, Pascal Affi Nguessan, président en exercice du parti, salue cette décision «comme un acte fort, comme une position historique. A un moment et dans un contexte où on voit des chefs d’Etat qui s’accrochent, qui tentent parfois même à un âge avancé d’être candidat».
Jean Bonin Kouadio, un cadre du FPI, estime que Ouattara a gagné son respect ce jour...
« Il y a 2 ans, il avait annoncé son intention de passer le pouvoir à une nouvelle génération (…) La parole de Ouattara n’a pas fléchie. Cela mérite tout mon respect car un homme n’est digne de respect que lorsqu’il respecte lui-même sa propre parole », a-t-il souligné.
Il se pose, cependant, la question de savoir si avec ce retrait de Ouattara (77 ans), « verrons-nous encore d’autres septuagénaires et octogénaires [en allusion à Henri Konan Bedié, président du PDCI] briguer la présidentielle de 2020 alors que dans leurs propres camps une nouvelle génération, moins conflictuelle, compétente et plus au fait des nouveaux enjeux socio-économiques qui gouvernent le monde actuel manifestent le désir de prendre les choses en main ? »
Toujours du côté de l’opposition, Eric Kahé, Président AIRD (Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie, parti proche de l’ancien président Laurent Gbagbo, soutient que c’est une « sage décision de l'actuel chef de l'Etat ivoirien - de ne pas se représenter - certes, mais simple respect de la Constitution».
Outre la classe politique, des diplomates accrédités en Côte d’Ivoire ont salué cette décision.
Suite à ce retrait du chef de l’Etat de la course à la présidentielle du 31 octobre, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly est pressenti candidat du RHDP (parti au pouvoir).