Fatma Bendhaou
30 Octobre 2020•Mise à jour: 30 Octobre 2020
AA/ Abidjan / Fulbert Yao
Dans un climat à haut risque, 7 495 082 électeurs sont appelés, samedi, à choisir le nouveau président en Côte d’Ivoire, après 15 jours de campagne émaillée de violences.
La campagne, qui a duré du 15 au 29 octobre, a en effet été marquée par de nombreux incidents, à la suite des appels à la « désobéissance civile » lancés par les deux principaux candidats de l’opposition, l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, pour contester la candidature du président sortant Alassane Ouattara, élu en 2010 et réélu en 2015.
Ainsi dans plusieurs villes du pays, les protestations ont dégénéré en affrontements intercommunautaires entre autochtones et allogènes.
A Bongouanou (est ivoirien), le fief de Pascal Affi N’Guessan, les violences ont fait trois morts et plusieurs dégâts enregistrés. Le domicile du candidat a été pillé et incendié.
Dabou (banlieue ouest d’Abidjan), s’est aussi embrasée. Après trois jours d’affrontements, au moins 16 morts et 67 blessés y ont été recensés. La situation s’est ensuite aggravée avec l’utilisation d’armes automatiques. Pour rétablir l’ordre, le département a été placé sous couvre-feu jusqu'à dimanche 1er novembre. Plus d’une cinquantaine de personnes, qualifiées de mercenaires par la gendarmerie, à la solde de l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, ont été arrêtées.
Daoukro (est ivoirien), le fief de l’ancien président Henri Konan Bedié, des actes de violences ont été enregistrés. Bonoua (sud), Kotobi (est), Béoumi (centre) ont aussi enregistré des scènes de violence.
A Abidjan, plusieurs personnes ont été poignardées et plus d’une dizaine de véhicules de transport public et privé ont été incendiés.
Dans plusieurs villes favorables à l’opposition, des cartes d’électeur ont été brûlées. Ainsi, selon la commission électorale indépendante (CEI), 3 084 288 électeurs sur un nombre total de 7 495 082 ont effectivement retiré leurs cartes, soit un pourcentage de 41,15%, au terme de la période de distribution des cartes d’électeurs allant du 14 au 25 octobre 2020.
Autant de raisons pour beaucoup d’Ivoiriens d'envisager avec préoccupation le vote du samedi 31 octobre, et plus encore ses lendemains. Pour trouver refugedans leurs villes natales, plusieurs quittent Abidjan et autres villes en ébullition, a-t-on constaté.
Malgré cet atmosphère tendu, le Président de la République, Alassane Ouattara, a assuré, jeudi, que les élections auront bel et bien lieu samedi et se dérouleront dans un climat apaisé, invitant ses partisans à aller voter massivement.