Mohamed Hedi Abidellaoui
12 Juin 2017•Mise à jour: 12 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Quatre-vingt évadés de la prison de Kangbayi à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (-RDC), ont été capturés, lundi, dans le grand-Nord de la province du Nord-Kivu, après une évasion massive dimanche, a-t-on appris de source officielle.
« De la soirée du dimanche à cet après-midi, nos forces de sécurité ont mis la main sur 80 évadés de la prison de Kangbayi » a déclaré à Anadolu, Nyonyi Bwanakawa, maire de la ville de Beni.
Certains évadés ont été capturés dans les villes de Beni et Butembo, alors que d’autres l’ont été dans les localités périphériques et mitoyennes grâce à la collaboration des populations locales et à la bravoure des forces de l’ordre, selon la même source.
Dimanche, plusieurs dizaines d’hommes armés ont pris d’assaut la prison de Kangabayi dans la périphérie de la ville de Beni et occasionné l’évasion de 930 prisonniers sur un total de 966 détenus qu’hébergeait cette maison carcérale.
Huit éléments des forces de sécurité relevant du personnel de la prison ont été tués par les assaillants, alors que deux d’entre ces derniers et un évadé ont été abattus, selon un bilan officiel communiqué dimanche par le gouverneur du Nord-Kivu.
Cette attaque a été menée, selon le maire de Beni, par des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliés (ADF), retranchés depuis plus de deux décennies dans l'est de la RDC. Ces rebelles ougandais auraient massacré, depuis octobre 2014, plus d’un millier de civils congolais dans le territoire de Béni, frontalier avec l'Ouganda, d'après des sources humanitaires.
En Novembre dernier, la rébellion ougandaise avait revendiqué, auprès du gouvernement congolais, le contrôle d’une partie du territoire de Béni qui devrait leur permettre, à terme, « la conquête du pouvoir en Ouganda ».
La RDC est confrontée, ces derniers temps, à des évasions massives dans ses maisons carcérales depuis celle du 17 mai dernier dans la ville de Kinshasa où plus de 4000 prisonniers avaient pris la poudre d’escampette, après une attaque menée, selon les autorités, par les adeptes d’un mouvement politico-religieux.