Est de la RDC : douze civils massacrés par des rebelles à Beni
Lassaad Ben Ahmed
04 Juin 2019•Mise à jour: 05 Juin 2019
Congo, The Democratic Republic of the
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Au moins douze civils ont été tués et des maisons pillées dans une nouvelle attaque attribuée aux rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF),
dans la nuit de lundi à mardi à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), selon les autorités locales.
"Les exactions des rebelles ADF ont ciblé les populations civiles dans trois cellules du quartier Butanuka. Au total 12 corps ont été ramassés ce matin", a déclaré à Anadolu Honoré Shabani, chef de ce quartier.
"Parmi les victimes, l’on compte 5 motocyclistes", a-t-il précisé, expliquant que les civils ont été tués alors que les rebelles étaient poursuivis par l'armée, dont la position près de ce quartier a été attaquée.
Ce bilan a également été confirmé à Anadolu par le maire de Beni, Nyonyi Bwanakawa, évoquant des "maisons pillées et commerces incendiés" par les rebelles.
Le porte-parole de l'armée dans la région, n'était pas joignable, dans l'immédiat pour réagir.
Des dizaines de motocyclistes ont manifesté mardi matin, dans les rues de Beni pour protester contre ces exactions.
Ces derniers manifestaient, tout en transportant la dépouille de leur collègue.
Ces exactions attribuées aux rebelles ougandais interviennent quelques jours après que l'armée congolaise leur a infligé une défaite.
28 rebelles ADF avaient été tués, en effet, la semaine dernière lors un assaut contre une caserne de l'armée congolaise.
Dans sa déclaration le maire de Beni, a considéré cette attaque des rebelles comme des "représailles des ADF" en cette fin du mois de ramadan.
Les rebelles ADF, retranchés depuis 1995 dans la province du Nord-Kivu dont relève Beni, représentent, aujourd'hui, la plus grande menace armée en République démocratique du Congo.
Le Gouvernement et la société civile leur attribuent une série de massacres [des fois non recensés] des civils dans le territoire de Beni depuis 2014. Les victimes se comptent par milliers, dont des Casques bleus de l'ONU.
Cette rébellion ougandaise fait partie d'une centaine de groupes armés qui sévissent dans la façade orientale congolaise.
L’insécurité autour de Beni sape les efforts pour riposter efficacement contre l’épidémie d’Ebola, qui a déjà tué plus de 1300 personnes depuis le mois d’août 2018.