Lassaad Ben Ahmed
15 Janvier 2018•Mise à jour: 16 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Une journée ville morte a été largement suivie, lundi, à Beni dans l’Est de la République démocratique du Congo, à l’initiative de la société civile pour protester contre l’insécurité dans cette région meurtrie, a-t-on appris de sources locales.
Cette action intervient suite à l'enlèvement, jeudi dernier, d'une dizaine de personnes dont le directeur d’une radio locale, par des hommes armés qualifiés par les autorités locales comme étant des rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF) auteurs de plusieurs rapts et tueries dans cette région.
Avant midi, heure locale, la principale artère de la ville de Beni située dans le Nord de la province du Nord-Kivu frontalière avec le Rwanda et l’Ouganda, "était sèche sans motocyclistes ni taxi, des boutiques et magasins étaient fermés", a témoigné à Anadolu Joël Bayengo, une étudiante habitant la ville de Beni.
Par cette opération "populaire, nous nous attaquons à l’inconscience et l’insensibilité des autorités et de la communauté internationale face à l’insécurité en expansion dans ce territoire ensanglantée", a déclaré à Anadolu, Gilbert Kambale, président de la société civile locale.
Jusque-là "le mot d’ordre est largement suivi, la ville est par terre", s’est réjoui Kambale, menaçant "d’intensifier" la contestation "si rien de concret n’est fait par Kinshasa".
Cette opération de protestation se tient en même temps que des opérations "générales et généralisées", lancées samedi par l’armée régulière contre les groupes armés dont les rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF).
Elle s’ajoute, en outre, à des journées de black-Out médiatique décrétées depuis samedi par les radios et télévisions de Beni pour exiger la libération de personnes enlevées jeudi dont, Jadot Mangwengwe, le directeur de la radio locale.
Beni a été ensanglanté par une succession de massacres commis par les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF), dans lesquels ont péri environ un millier de civils entre 2014 et 2016, selon la société civile.
Dimanche, l’armée a annoncé avoir repris dans ce territoire, deux positions aux rebelles ougandais en 24 heures d’opérations.