Esma Ben Said
19 Avril 2018•Mise à jour: 19 Avril 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plus de 20 000 personnes ayant fui les violences meurtrières à Djugu, un territoire de la province de l’Ituri dans le Nord-est de la R D Congo (RDC) sont retournées dans leurs villages respectifs entre mardi et jeudi, a appris Anadolu de source officielle.
Logés dans des familles d’accueils, Eglises et camps de déplacés de la ville de Bunia capitale de l’Ituri, "environ 24 000 de ces déplacés sont retournés entre mardi et jeudi matin dans leurs villages grâce aux moyens logistiques du gouvernement central", a déclaré à Anadolu Ferdinand Fimbo maire de Bunia.
Ces retournés "volontaires ont été transportés à bord de gros camions mis à leur disposition", a-t-il ajouté notant que la situation sécuritaire s’est "nettement améliorée" dans le territoire de Djugu proche de la ville de Bunia.
Une fois arrivée dans leurs villages, les retournées reçoivent des kits de réinsertion composés de "bâches, matelas, ustensiles de cuisine et de vivres" a indiqué à Anadolu le président de la société civile de l’Ituri, Jean-Bosco Lalo.
Certains déplacés ont refusé de quitter la ville de Bunia, estimant que la situation sécuritaire est "fragile et volatile", d’après Lalo.
Ces personnes pour la plupart de la communauté Hema (éleveurs) ont fui depuis mi-décembre une vague de tueries perpétrées par des présumés assaillants de la communauté Lendu très investie dans l’agriculture.
Ces attaques ont fait plus de 100 morts, plus de 200 000 déplacés et contraint près de 60 000 personnes à se réfugier en Ouganda traversant le lac Albert à bord de bateaux de fortune, d’après l’ONU.
Le conflit de l’Ituri fait partie de nombreux conflits qui ensanglantent l’Est de la RDC, région constellée d’une centaine de groupes armés et théâtre de violences chroniques depuis plus de vingt (20) ans. Un différend foncier avait déjà opposé les Hema et Lendu dans les années 2000. Il avait dégénéré en massacres faisant plus de 60 000 morts (ONG) et 600 000 déplacés. Ces violences impliquant des groupes armés et milices avaient entrainé en 2003 l'intervention d’une force militaire européenne sous commandement français.