Hatem Kattou
26 Octobre 2017•Mise à jour: 26 Octobre 2017
AA / Nairobi / Magdalene Mukami et Andrew Wilsk
Les Kenyans se sont rendus aux urnes, jeudi, lors de la reprise de l’élection présidentielle qui a été boycottée par le principal leader de l'opposition.
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 06h00 heure locale (03h00 GMT), et de nombreux kényans faisaient la chaîne pour glisser leur bulletin dans l’urne, a constaté le correspondant d’Anadolu.
D’aucuns s'attendaient à de longues files d'attente, mais le taux de participation à l'échelle nationale était très bas, ce qui pourrait être dû aux appels lancés, pour la première fois, par l'opposition dirigée par Raila Odinga, à boycotter les élections.
Odinga s'est retiré des élections, laissant un large boulevard au président sortant Uhuru Kenyatta, pour se porter candidat presque sans opposition.
La Cour suprême a invalidé, au mois de septembre, la présidentielle du 8 août, en arguant des irrégularités ayant entaché le scrutin.
Dans les bastions du parti au pouvoir, les électeurs se préparaient à faire la queue pour voter en faveur de leur candidat préféré.
Cependant, dans les fiefs de l'opposition à Nairobi et à Kisumu, de nombreuses bombes à gaz lacrymogène ont été jetées, depuis l'ouverture des bureaux de vote, pour disperser les manifestants qui sont venus en masse perturber le processus électoral.
L'atmosphère est très tendue dans ces zones malgré une forte présence policière.
Des jeunes en colère ont bloqué les routes, brûlé des pneus et scandé des slogans hostiles au parti au pouvoir.
Un responsable électoral du comté de Kisumu a, dans une déclaration faite à Anadolu, sous couvert de l’anonymat, indiqué que "Nous n'avons pas été en mesure de déplacer le matériel de vote à temps. Les présidents étaient très peu nombreux dans les 127 bureaux de vote de Kisumu. Beaucoup se sont abstenus afin de préserver leur intégrité physique ».
Dans l'ensemble du pays, la situation était similaire. De nombreux électeurs se sont abstenus dans les zones où l'opposition et les partisans du parti au pouvoir vivent côte à côte.
Un habitant des bidonvilles de Mathare, un bastion de l'opposition et du parti au pouvoir, a déclaré à Anadolu sous couvert d'anonymat: "J'ai fait la queue avec les autres. Ils [la police] ont lancé des bombes de gaz lacrymogène à notre endroit, dès l’arrivée des partisans de l'opposition. Ils ont tenté de nous attaquer en nous jetant des pierres. Maintenant, nous sommes de retour mais, beaucoup ont fui en raison de panique. "
La course à la Présidentielle au Kenya était généralement mise à l’épreuve de la politique tribale.
Cette joute, qui n’a pas dérogé à la règle a vu s’opposer, au début, Uhuru Kenyatta, fils du premier président et fondateur du Kenya, Jomo Kenyatta, et Raila Odinga, fils du premier vice-président du Kenya, Oginga Odinga, tous deux issus de tribus kényanes différentes.
Sur 19 millions d'électeurs inscrits au Kenya, seulement la moitié participe au processus de vote alors que les partisans de l'opposition répondent favorablement à l'appel au boycott d'Odinga.
Odinga a déclaré, mercredi, que son parti d'opposition est devenu un "mouvement de résistance" qui devrait renverser les "dictateurs" qui violent la constitution kényane en s'accrochant au pouvoir par la force.