Esma Ben Said
27 Avril 2018•Mise à jour: 28 Avril 2018
AA/Abidjan/Fulbert Yao
La Côte d’Ivoire va envoyer 450 casques bleus en Centrafrique pour renforcer la mission de l’Onu (Minusca) sur place, a annoncé jeudi le ministre ivoirien des affaires étrangères, Marcel Amon Tanoh, face à la presse, au siège de l’ONU.
«La Côte d'Ivoire envoie un contingent de 450 soldats prochainement», a déclaré le ministre Marcel Amon Tanoh face à la presse, après une rencontre avec Antonio Guterres, dans une vidéo publiée sur le site web de l’ONU.
Marcel Amon-Tanoh a toutefois indiqué ne pas savoir quand ce nouveau contingent arriverait ni où il serait précisément déployé.
Ces 450 soldats ivoiriens devraient faire partie des 900 hommes supplémentaires que le Conseil de sécurité avait autorisés à l'automne 2017, pour renforcer la force de l'ONU en Centrafrique.
En effet, cette mission de l’ONU en Centrafrique compte actuellement plus de 12.000 personnels dont plus de 10.000 Casques bleus. Mais ce nombre est jugé insuffisant par les autorités centrafricaines qui réclament davantage de Casques bleus dans le pays, en proie aux groupes armés.
Le 24 avril, devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, avait d’ailleurs réitéré cet appel.
« Nous lançons à nouveau un appel au renforcement des effectifs de la Minusca par des contingents opérationnels et professionnels », avait-il dit.
L’envoyé spécial de l’ONU en Centrafrique Parfait Onanga-Anyanga avait dénoncé, le 20 avril dernier une "dérive belliciste" en Centrafrique, affirmant que rien ne peut justifier actuellement une escalade vers un nouveau conflit armé.
Dans un pays plongé dans un conflit meurtrier depuis 2013, Onanga-Anyanga a avertit que dans ce combat la MINUSCA (force onusienne déployée en Centrafrique) "ne sera pas neutre".
L’Etat n'a en effet de contrôle que sur une petite partie du territoire national, alors que les groupes armés s'affrontent dans le reste du territoire pour le contrôle des richesses dont le diamant et l'or s'attaquant par la même, aux populations, et notamment aux Centrafricains de confession musulmane.
A la violence des armes, "nous leur opposerons avec fermeté la force de la légitimité nationale et internationale", s’était emporté le responsable relevant "l’ignominie de choix aveugles et insensés de ceux dont la force ne se mesure qu’à la taille calibre qu’il arbore et à la terreur qu’ils infligent à leurs concitoyens".