AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
La Tunisie abrite à partir de demain mardi le Forum économique africain dans le but de promouvoir les échanges avec les pays de l'Afrique subsaharienne qui ne dépassent actuellement 2% de la totalité des échanges de la Tunisie avec l'extérieur, a relevé le secrétaire d'Etat au commerce extérieur Hichem Ben Ahmed lors d'une conférence de presse tenue lundi au Centre de promotion des exportations (CEPEX).
Selon les organisateurs, 800 experts, hommes d'affaires et représentants des secteurs public et privé africains dont 200 personnalités de haut rang, venus 38 pays du continent, prendront part à ce forum parrainé par le ministère tunisien du Commerce, en collaboration avec la Banque arabe pour le développement économique de l'Afrique (BADEA), l'Agence allemande de coopération technique (GIZ) et de nombreux autres partenaires.
Des délégations officielles de haut niveau, conduites par des ministres et des conseillers spéciaux auprès de chefs d’Etat viendront du Sénégal, Cote d’Ivoire, Guinée équatoriale, Burkina, Niger, Ghana, Rwanda, Djibouti, Libye et d’autres pays de toutes les sous-régions du continent. Des dirigeants de grands groupes ont commencé à affluer, dimanche soir, à Tunis, en provenance d’Algérie, du Maroc, du Mali, du Tchad, du Bénin, de Madagascar et près d’une trentaine d’autres pays.
Les organisateurs ont par ailleurs, pris l'initiative d'y associer des étudiants et stagiaires africains en Tunisie à travers leur seize associations.
Deux jours durant, les travaux s’articuleront en débats, ateliers thématiques et rencontres B2B de partenariats. Outre le débat sur le renforcement institutionnel requis, cinq panels de discussion traiteront tour-à-tour des questions suivantes :
Construire en Afrique : un marché en expansion, Les Tics pour un développement durable en Afrique
La santé, vers de nouveaux modèles,
L’enseignement universitaire et l’employabilité,
L’Agribusiness.
Mais, au-delà de ces échanges, ce sont les rencontres avec les décisionnaires dans les pays participants pour mieux connaitre le climat des affaires et déloquer les difficultés rencontrées, et les contacts entre les chefs d’entreprise qui sont les plus prisés.
« Promouvoir les potentialités dans nos pays respectifs, prospecter des opportunités, identifier des partenaires et amorcer des actions concrètes : tels sont nos objectifs » affirme le ministre du Commerce Omar Béhi.
Selon lui, « le maître-mot doit être la concrétisation ».
Pour le ministre du Commerce, Omar Béhi, il s’agit d’un "événement très important" qui consiste à "faire rencontrer l'Afrique avec l'Afrique" et qui a pour objectif de renforcer les domaines de partenariats stratégiques entre la Tunisie et le continent Africain".
Le ministre a ajouté que ce forum s’inscrit dans le cadre de la stratégie du gouvernement visant à permettre aux entreprises tunisiennes d’accéder aux marchés africains afin d’exposer leurs produits et impulser les investissements, affirmant que la Tunisie compte beaucoup sur les pays africains afin de redynamiser son économie.
Il a, à cet égard, mis l'accent sur les efforts consentis par le gouvernement visant à faciliter les opérations d’exportation vers les pays africains à travers l’assouplissement de la loi de change. Et d’affirmer que plusieurs mesures ont été prises et relatives à l’octroi d’avantages préférentiels aux entreprises désirant accéder aux grands marchés du continent.
Le secrétaire d'Etat a tenu quant à lui, à préciser qu'il s'agit en l'occurrence d'une "approche gagnant-gagnant". "Nous ne voulons pas uniquement vendre nos produits, nous désirons plutôt que le bateau qui se rend en Afrique pour les exporter revienne rempli de produits provenant des pays africains de manière à ce que les échanges soient profitables aux uns et aux autres", a-t-il fait valoir.
En réponse à une question d'Anadolu sur une potentielle coopération triangulaire Tunisie-Turquie-Afrique, le responsable tunisien a affirmé que l'économie et le commerce tunisiens "sont ouverts à tous les pays" "Tous les partenariats sont les bienvenus", a-t-il déclaré.
En ce qui concerne des problèmes qui se posent au plan de la logistique, singulièrement du transport, M. Ben Ahmed a annoncé la prochaine ouverture par la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) d'une ligne maritime qui reliera la Tunisie à trois pays d'Afrique subsaharienne, à savoir le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Ghana.
Au niveau du transport aérien, il a affirmé que la compagnie "Tunisair" ouvrira de nouvelles lignes pour desservir huit pays africains en 2020, contre huit actuellement.
"La stratégie de la Tunisie en direction de l'Afrique est claire: elle prévoit une adhésion en juin prochain, à la Communauté économique de l'Afrique de l'Est et Australe (COMESA), en tant que pays membre, qui lui offrira une zone de libre-échange sans droits de douane pour un marché qui compte plus de 400 millions de consommateurs, en plus du marché de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), de 500 millions de consommateurs, dont la Tunisie est membre observateur", a-t-il fait remarquer.
De son côté, Radhi Meddeb, Commissaire général du Forum, a fait ressortir la place attribuée au secteur privé dans ce processus. " En mettant en place ce partenariat public privé et en en confiant la direction et la coordination à un représentant du secteur privé, indique-t-il, le ministère du Commerce a exprimé sa ferme volonté de faire en sorte que ce forum bénéficie de l’appui des plus hautes autorités tunisiennes et d'en faire un lieu de rencontre d’opérateurs économiques et de facilitation de leurs affaires".
Il a précisé que le forum se décline en deux parties : la première, sur une demi-journée, sera institutionnelle. Elle donnera l’occasion aux autorités tunisiennes mais aussi aux représentants de plusieurs institutions africaines d’exposer leur vision et leur engagement pour favoriser la construction économique du continent, leurs stratégies pour y parvenir et les politiques publiques déployées pour en accélérer la mise en œuvre par les opérateurs économiques.
"La suite sera consacrée aux débats et échanges entre opérateurs économiques et financiers, mais aussi institutionnels, autour de cinq thématiques essentielles. Le choix des thèmes objets des cinq panels retenus l’a été en fonction des besoins du continent africain, des exigences encore insuffisamment satisfaites de sa jeunesse et de sa classe moyenne émergente mais aussi des capacités et de l’expertise tunisienne.
Cela va du secteur des infrastructures, à celui des technologies de l’information et de la communication, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, de la santé et de l’agroalimentaire.
Pour chacun de ces secteurs, la demande africaine est forte. Elle est appelée à être de plus en plus soutenue. L’offre tunisienne est de qualité. Elle est reconnue, adaptée et appréciée. Les opportunités de coopération sont multiples. Les financements sont disponibles et les triangulations souhaitées. L’offre de la Tunisie se veut solidaire et partenariale", a-t-il assuré.
Des statistiques avancées le ministre du Commerce relèvent qu’une série de mesures s’inscrivant dans le cadre du Plan national du renforcement des exportations tunisiennes ont été prises afin d’atteindre un taux de croissance de 20%, soit un volume total des exportations estimé à 50 milliards de dinars à l'horizon 2020.
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