Nadia Chahed
12 Décembre 2018•Mise à jour: 13 Décembre 2018
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
L’envoyé spécial du secrétaire-général des Nations Unies dans la région des Grands-Lacs, Saïd Djinnit, a déclaré, mercredi, que l’ONU est particulièrement "préoccupée" par le conflit entre le Burundi et le Rwanda.
"Nous sommes préoccupés par la détérioration des relations entre certains pays de la région en particulier entre le Burundi et le Rwanda", a-t-il déclaré.
Saïd Djinnit s'exprimait, mercredi à Bujumbura, à l'occasion du lancement du projet régional sur la paix et la sécurité pour la stabilité de la région des Grands-Lacs, initié par la Conférence internationale sur la région des Grands-Lacs (CIRGL).
L’ONU a déjà attiré l’attention du président congolais, Denis Sassou Nguesso, en sa qualité de président de la CIRGL, sur cette situation, a ajouté Djinnit, regrettant que les initiatives et les consultations engagées, à ce jour, n'ont pas abouti.
Il a, en outre, précisé que cette question a été confiés aux au présidents congolais, Sassou Nguesso et ougandais, Yoweri Kaguta Museveni.
"Nous leur avons demandé de prendre toute initiative visant à traiter des relations entre les pays de la région. Evidemment, nous avions tous en tête la situation des relations entre le Burundi et le Rwanda qui est la plus préoccupante", a-t-il souligné, annonçant qu'il s'entretiendra de la question, dans les prochains jours, avec Dénis Sassou Nguesso.
Estimant qu'il s'agit d'une question difficile et qui doit être traitée avec beaucoup de discrétions, Djinnit a noté que d’autres organisations régionales, internationales peuvent aussi contribuer dans la résolution de ce conflit.
"L’essentiel est de travailler ensembles. Même si l’UA a des initiatives dans ce sens, elle doit travailler avec les leaders de la région auxquels des mandats ont été confiés", a-t-il souligné.
Les relations entre le Burundi et le Rwanda, pays voisins, se sont détériorées depuis avril 2015, date de l’officialisation par le président Pierre Nkurunziza de sa candidature pour un 3ème mandat jugé illégal et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Bujumbura accuse Kigali d’héberger les putschistes du 13 mai 2015, et d’entretenir des groupes rebelles pour attaquer Bujumbura, accusations rejetées en bloc par Kigali indexant, à son tour, le régime burundais de collaborer avec les "Interahamwe", auteurs du génocide de 1994, selon le régime rwandais.