Esma Ben Said
08 Juillet 2018•Mise à jour: 08 Juillet 2018
AA/Niamey/Kané Illa
Le président nigérien Issoufou Mahamadou, a affirmé que son pays restera ouvert aux migrants africains en transit, notamment ceux acheminés de Libye voisine par l’ONU, ont rapporté, dimanche, les médias locaux.
«Nous sommes un peuple ouvert à l’hospitalité, nous accueillons les gens (Ndlr : les migrants africains) qui sont en difficulté», a-t-il indiqué dans une déclaration faite à la presse nationale, après une rencontre tenue, samedi, avec une délégation de l’ONU conduite par la vice-secrétaire générale de l’organisation, Mme Amina Mohamed, en visite au Niger.
«L’essentiel c’est que les gens ne restent pas longtemps au Niger», a précisé Mahamadou.
Situé aux portes du Sahara, le Niger est le principal pays de transit des migrants africains désirant rejoindre l’Europe, en passant par les pays du Maghreb.
Depuis 2016, il suscite un intérêt particulier de la part des pays européens qui luttent pour freiner les flux des migrants africains sur leurs territoires.
Ces pays, parmi lesquels la France et l’Italie, financent un vaste programme de lutte contre la migration clandestine au Niger. Depuis 2017, ils y ont créé des «hot spots» dans la région d’Agadez (qui constitue la frange sud du Sahara), porte de sortie des migrants en transit vers l’Europe.
C’est là que sont examinées les demandes d’asiles des migrants, dont certains ont été refoulés de l’Algérie ou de la Libye.
La présence de ces migrants à Agadez pose toutefois d’énormes problèmes aux autorités, tant du point de vue de leur prise en charge que de leur cohabitation avec les populations autochtones.
Au mois de mai dernier, 150 demandeurs d’asile soudanais ont été refoulés d’Agadez vers la Libye d’où ils étaient venus précédemment. Les autorités régionales ont justifié cette décision par des «raisons de sécurité».
Plusieurs autres migrants, qui ont contourné les postes de contrôle, se sont retrouvés abandonnés dans le désert du Sahara par leurs passeurs. Certains y ont perdu la vie, d’autres ont été secourus par les patrouilles des forces de défense et de sécurité nigériennes ou les missions de recherche de l’Organisation internationale pour la migration.