Safwene Grira
29 Novembre 2015•Mise à jour: 30 Novembre 2015
AA/ Bangui/ Sylvestre Krock
Le Pape François est arrivé dimanche matin à Bangui, capitale de la République centrafricane (RCA), dernière étape de sa tournée africaine, a constaté le correspondant d'Anadolu.
"Je viens dans la République Centrafricaine comme pèlerin de paix, et je me présente comme apôtre de l’espérance", a déclaré le Pape sur son compte officiel Twitter, dès son arrivée à Bangui.
Le Nonce apostolique, l'Archevêque de Bangui ainsi que des leaders religieux protestants et musulmans ont accueilli le Pape François à l'aéroport. La Présidente de la Transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, ainsi que son Gouvernement étaient en deuxième ligne.
Le Pape s'est ensuite dirigé vers le Palais de la Renaissance [Palais Présidentiel], où il s'est entretenu, en tête à tête, avec la Présidente.
Une visite dans une Faculté théologique protestante est prévue dans l'après-midi, ainsi qu'une messe à la Cathédrale de Bangui.
Cette visite en République centrafricaine intervient dans le cadre d'une tournée africaine qui a commencé, mercredi, par le Kenya et l'Ouganda.
Elle intervient également alors que la situation sécuritaire s'est fortement dégradée en RCA depuis septembre, après des mois de calme précaire. La recrudescence des violences est le fait d'affrontements inter-communautaires entre deux groupes armés, les ex-Séléka, à majorité musulmane, et les Anti-Balaka, à majorité chrétienne.
Abordé par Anadolu, un fidèle Chrétien s'est dit "satisfait" par cette visite, d'autant plus qu'elle envoie "un signal fort".
"Pas mal de monde a mis en garde le Pape pour le dissuader de venir chez nous, mais il a insisté pour être là. C'est un geste fort, et un soutien très important pour nous en tant que Centrafricains", a commenté Gaston, un fonctionnaire de Bangui.
La visite du Pape avait été fortement déconseillée par une partie de la Communauté internationale pour "des raisons sécuritaires". Aussi, un important dispositif militaire et policier se déployait-il dimanche matin, dans la capitale centrafricaine, où le Pape donnera une messe dans l'après-midi, a relevé le correspondant d'Anadolu.
Plusieurs milliers de Casques bleus et de militaires français, ainsi que la police centrafricaine ont investi Bangui, notamment autour du Stade et de l’enclave musulmane du PK5, dans un pays à majorité chrétienne.
"Les autorités de ce pays ont à maintes fois appelé au calme, sans succès. La communauté internationale, aussi. L'autorité symbolique du Pape est importante et permettra de mettre fin aux sources du conflit dans ce pays qui ont pris, malheureusement, une connotation communautaire", a indiqué Khaled, un jeune Musulman de PK5.
"La population musulmane est mobilisée et peaufine les préparatifs pour la visite du Pape demain [lundi]" a déclaré à Anadolu, Ousmane Abacar, porte-parole des Musulmans de PK5.
Plusieurs milliers de fidèles chrétiens de pays voisins, notamment des Tchadiens, des Congolais et des Camerounais, se sont déplacés pour voir le Pape François.
"Environ deux milles de nos compatriotes chrétiens, majoritairement composés des jeunes et des femmes ont quitté la capitale tchadienne ce samedi dans deux vols spéciaux affrêtés par le gouvernement, pour la République sœur, la République Centrafricaine, où le Pape François est attendu demain dimanche...." avait indiqué, à titre d'exemple, un communiqué du Gouvernement tchadien.