Esma Ben Said
25 Janvier 2018•Mise à jour: 25 Janvier 2018
AA/ Jérusalem/ Abdel Ra'uof Arnaout
Le président rwandais, Paul Kagame, a indiqué, mercredi soir, s’adressant au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, "qu’il s’engagerait à respecter le droit international quant à l’accueil, dans la République du Rwanda, des migrants en provenance d'Israël".
Cette déclaration intervient suite au démenti de Kigali d'avoir signé "un accord secret" avec Tel Aviv, en vertu duquel le Rwanda devrait accueillir des milliers de migrants africains en provenance d’Israël.
L'information d'un présumé accord secret entre Kagame et son homologue israélien, avait été relayée par des médias hébreux qui citaient "des responsables israéliens".
Le cabinet du Premier ministre israélien a indiqué dans un communiqué, rendu public jeudi, et dont Anadolu a eu une copie, que Netanyahu a rencontré le président rwandais en marge du Forum économique mondial (WEF), tenu à Davos en Suisse.
"Netanyahu a félicité Kagame à l’occasion de son accession au poste du président de l’Union africaine. Les deux dirigeants ont, par ailleurs, examiné une série de questions, notamment, la consolidation de la coopération entre les deux pays", précise le document.
Par ailleurs, des milliers de migrants ont organisé une manifestation devant le siège de l’ambassade de Kigali à Tel Aviv, en signe de protestation contre la décision israélienne de les extrader vers le Rwanda.
Par ailleurs, le Rwanda a assuré sa disposition à accueillir les migrants.
"Le Rwanda est prêt à fournir de l’aide de toutes les manières possibles, quant à l’accueil de toute personne atteignant ses frontières et ayant besoin d'un foyer, et ce, volontairement et sans aucune restriction", a indiqué un communiqué du gouvernement rwandais, dont une copie est parvenue à Anadolu.
Le gouvernement israélien avait imposé à environ 40 mille migrants africains, en majorité des Érythréens et des Soudanais, de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération.
Ceux-ci ont jusqu’à fin mars pour quitter Israël. Ils seront, sinon, emprisonnés pour une durée indéterminée. Les migrants qui accepteront de quitter Israël bénéficieront d'un billet d’avion et de près de 3500 de dollars.
D’autre part, le cabinet du Premier ministre israélien, a déclaré que Netanyahu s’est également réuni avec le ministre guatémaltèque des Finances, Julio Héctor Estrada.
"Netanyahu a exprimé lors de la réunion, son appréciation quant à la position ferme du président guatémaltèque, Jimmy Morales, sur Jérusalem", précise la source.
"Je respecte beaucoup notre amitié ainsi que votre annonce qui prévoit de déplacer votre ambassade...", a déclaré Netanyahu cité par le communiqué.
La République du Guatemala est le deuxième Etat, après les Etats-Unis, à annoncer le transfert de son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem.
Par ailleurs, le dossier iranien a dominé la rencontre de Netanyahu avec le président français, Emmanuel Macron.
Netanyahu, cité toujours par son service médias, a déclaré (s’adressant à Macron, [NDLR]) : "Notre partenariat est également important pour la sécurité de l'Europe."
Au sujet de l'Iran, le communiqué a révélé que : "Selon Netanyahu, l'accord nucléaire avec l'Iran ne peut pas être maintenu, eu égard qu’il permettrait à l'Iran de disposer, dans quelques années, d’un arsenal de bombes nucléaires".
Le communiqué a également ajouté que : "Le chef du gouvernement israélien, a affirmé l’engagement d’Israël à empêcher l’acquisition de l’Iran d’armes nucléaires".
Il a souligné, par ailleurs, "la nécessité de composer avec les lacunes de l’accord nucléaire", indique la même source.
Netanyahu qui était arrivé en Suisse mardi soir, à la ville du Forum de Davos, devrait rencontrer, jeudi, le président américain Donald Trump.