Mohammed Yahya Ahmad Mohammed
13 Août 2021•Mise à jour: 13 Août 2021
AA/Tunis
Le Président tunisien Kaïs Saïed a menacé des parties en Tunisie, - sans les nommer -, de « purge » par des moyens légaux.
Saïed s’exprimait dans un discours prononcé lors de la réunion de la Commission nationale de lutte contre les catastrophes naturelles (gouvernementale) au palais de Carthage, selon une séquence vidéo partagée par la Présidence de la République tunisienne sur sa page officielle Facebook.
« Certaines catastrophes sont naturelles, notamment les inondations, les incendies et les maladies, telles que la pandémie de la Covid-19, et d'autres sont préméditées et relèvent même du crime », a fait observer Saïed.
Et le chef de l’Etat tunisien d’ajouter, « Certains veulent incendier les forêts et les champs, et nos forces militaires et sécuritaires y feront face, parce qu'ils cherchent à martyriser le peuple ».
Depuis des jours, la Tunisie est en proie à des incendies de forêts, notamment dans les gouvernorats de Bizerte (Nord), Jendouba (Nord-Ouest) et Kasserine (Centre-Ouest), qui ont ravagé des centaines d'hectares (un hectare équivaut à 10 000 mètres carrés) de forêts de pin d’Alep, de laurier, de genévrier.
Saïed a souligné que la « purge » politique se fera par les canaux et instruments juridiques légaux.
« Certains en Tunisie (sans les nommer) doivent trouver place dans les canalisations d’assainissement », a-t-il lâché.
Le locataire de Carthage a souligné que « le peuple tunisien veut débarrasser le pays de toute la « saleté » qui s'y est entassée au fil des décennies »
Kaïs Saïed, avait annoncé, dans la soirée du dimanche 25 juillet, au cours d’une réunion d’urgence avec de hauts responsables militaires et sécuritaires, le limogeage du Chef du gouvernement Hichem Mechichi, le gel des pouvoirs du Parlement pour une durée de 30 jours, ainsi que la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés.
Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations populaires qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats du pays, exigeant la démission du gouvernement, dans un contexte de difficultés économiques et sanitaires et d'une crise politique qui dure depuis des mois dans le pays.
Certains partis politiques, ont considéré lesdites mesures comme un « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d'autres y ont été favorables, estimant qu'il s'agissait d'une « rectification du processus révolutionnaire ».
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail