Hatem Kattou
11 Janvier 2020•Mise à jour: 11 Janvier 2020
AA / Tripoli
Nacer Ammar, commandant de la « Force d’appui » relevant du gouvernement libyen d’entente nationale, a annoncé un retrait partiel des mercenaires de la société militaire privée russe « Wagner », qui soutient les milices de Khalifa Haftar, ainsi qu’avoir accueilli favorablement le soutien turc apporté à son pays.
C’est ce qui ressort de déclarations accordées par Ammar au correspondant d’Anadolu, dans lesquelles il a évoqué l’appui turc apporté à la Libye ainsi que les derniers développements sur le terrain.
Concernant le retrait des mercenaires de Haftar, Ammar a dit : « Nous avons observé la présence de 500 russes dans les axes Salaheddine/Yarmouk et Khallatat/Abou slelim ».
« Quelque 250 éléments des Wagner sont déployés dans chacun des deux axes de même que plus d’un millier de mercenaires des Janjawid (Eléments relevant des forces soudanaises d’intervention rapide) impliqués par Hafatr afin de trancher la bataille rapidement et dans les plus brefs délais »., a-t-il détaillé.
« Nous constatons que le retrait des forces des Wagner a été entamé après la rencontre du président russe Vladimir Poutine avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. De nombreux éléments de cette force se sont retirés », a poursuivi le chef militaire libyen.
« Nous avons détecté des hélicoptères qui transportent ces troupes à la base aérienne d’al-Jofra. Effectivement, de nombreux éléments des forces Wagner se sont retirés et les autres forces restantes le sont pour défendre les dernières lignes des Wagner ou pour couvrir leur retrait", a encore dit Ammar.
Concernant la position du gouvernement d’entente à l’égard de l’initiative de cessez-le-feu, Ammar a souligné ; « Nous avons été les premiers à accepter la paix. Nous avons accepté la paix des braves et des forts. Le gouvernement d’entente nationale est un gouvernement légitime et qui dispose d’une armée nationale et les forces d’appui ont également leur légitimité. »
« Le qualificatif de milices doit être décerné aux forces de Haftar dès lors que ce dernier ne combat pas avec une armée libyenne mais avec une armée composée de mercenaires aux nationalités multiples, parmi les russes, les égyptiens, les émiratis et les janjawid et autres ».
Il a indiqué que Haftar concentre ses efforts sur deux principaux axes, Salaeddine/ Yarmouk et Khallalatat / Abu Selim et qu’il vise à travers cela de progresser vers la capitale.
Il a précisé que ces deux axes sont les plus proches de la capitale Tripoli et Hafatr visait à impliquer les forces des Wagner dès lors qu’elles maitrisent les guérillas urbaines dans les quartiers résidentiels.
« En réalité, nous avons traité de manière appropriée la question (entrée des Wagner dans les quartiers) et nous l’avons prévu. Nous n’avons pas accordé la chance à Haftar pour qu’il mène une guérilla urbaine à notre encontre et nous avons fait face à tout mouvement », a-t-il relevé.
« Haftar est actuellement en train de se suicider à Tripoli et il se suicidera avec ces mercenaires aux portes de la capitale », a-t-il lâché.
S’agissant de la position turque, Ammar a déclaré : « Les mesures turques sont effectivement sérieuses et nous avons constaté la crédibilité du président turc Recep Tayyip Erdogan ».
Et Ammar de poursuivre : « Nous avons accueilli un groupe d’experts et de techniciens venus de Turquie pour installer des équipements de brouillage et un dispositif de défense antiaérienne ainsi que des radars et des installations logistiques. Nous avons le droit de nous faire aider par qui nous voulons ».
Il a également remercié Erdogan pour son soutien apporté au gouvernement d’entente, internationalement reconnu.
« Nous apprécions à sa juste mesure la position brave et héroïque d’Erdogan et nous lui sommes reconnaissants. Mon message au peuple turc est que nous sommes un seul peuple », a-t-il lancé.
Le général à la retraite Khalifa Haftar lance, depuis le 4 avril 2019, une attaque pour prendre le contrôle de la capitale Tripoli, siège du gouvernement libyen.
Aux fins de contenir la crise libyenne, le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe, Vladimir Poutine, ont publié, mercredi, un communiqué commun dans lequel ils ont appelé à un cessez-le-feu, à compter de dimanche à minuit.
L’initiative a été favorablement accueillie et approuvée par le conseil présidentiel du gouvernement d’entente et par le haut conseil d’Etat, tandis que le général à la retraite Khalifa Hafatr l’a rejeté, affirmant la poursuite de ses opérations militaires.