Carinah Mamilalaina Rasoamanarivo
27 Août 2026•Mise à jour: 27 Août 2026
Alors que le ministère de l’Économie et des Finances avait proposé un droit de douane de 20 % et une TVA de 5 % sur le riz de luxe importé dans la loi de finances rectificative, le Conseil des ministres de la semaine dernière a décidé de suspendre temporairement les droits de douane et les taxes appliqués aux importations de riz. Cette décision intervient à l’approche de la période de soudure, prévue dans environ un mois.
Selon la ministre du Commerce et de la Consommation, Haingotiana Andriamadison, cette mesure répond aux besoins du marché. « La production locale ne couvre pas encore toute la demande. Les importations restent donc nécessaires pour garantir l’approvisionnement des consommateurs et limiter les risques de pénurie » a-t-elle souligné .
En 2025, Madagascar a importé environ 800 700 tonnes de riz destinées à la consommation, soit une hausse de 205 % par rapport à 2024. La facture de ces importations s’élève à environ 1 626,7 milliards d’ariary, selon la Direction générale des Douanes.
Pour réduire cette dépendance, le gouvernement mise sur une hausse de la production nationale. Pour la campagne 2026, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire prévoit 5 millions de tonnes de paddy, contre 4,7 millions de tonnes l’année précédente. Les programmes de modernisation et l’amélioration des techniques agricoles doivent soutenir cette progression.
Selon l’INSTAT, 78 % des ménages malgaches pratiquent l’agriculture et 69 % la riziculture. Le riz représente ainsi la principale culture des ménages. L’Alaotra-Mangoro, la Sofia, le Vakinankaratra, le Boeny, l’Analamanga et l’Itasy comptent parmi les principaux bassins rizicoles. L’Alaotra-Mangoro conserve notamment son statut de principal grenier à riz du pays.
Sur le terrain, les producteurs font toutefois face à plusieurs difficultés. À Ambohibary, dans la commune de Sabotsy Namehana, au Nord d’Antananarivo, environ 70 % des habitants pratiquent la riziculture. Domoina Ranaivo Rasamba, producteur local, explique que les familles utilisent principalement leur récolte pour l’alimentation, tandis qu’une partie du surplus rejoint les marchés locaux.
La concurrence du riz importé pèse cependant sur les revenus. Selon lui, les agriculteurs vendent parfois le riz paddy autour de 2 000 ariary (0,46 USD) le kilogramme, un prix largement inférieur à la moyenne.