Ecenur Çolak,Şerife Çetin,Nur Asena GÜLSOY
17 Avril 2017•Mise à jour: 17 Avril 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
L'adhésion à l'Union européenne (UE) demeure une priorité pour la Turquie, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.
Le chef de la diplomatie turque a accordé une interview au quotidien saoudien «al-Shark al-Awsat».
Il a rappelé que les relations Turquie – UE datent des années 1960 et reposent sur plusieurs axes dont l'union douanière et les négociations d'adhésion, soulignant que les deux parties font face conjointement à des questions telles la crise migratoire et la menace terroriste.
Évoquant une méfiance d'Ankara à l'égard de l'UE en raison de ses dernières positions, Cavusoglu a affirmé: «L'adhésion à l'UE demeure une priorité pour nous. Nous souhaitons des démarches positives pour surmonter cette méfiance.»
Cavusoglu a estimé que les relations Turquie-UE peuvent revenir sur la bonne voie malgré toutes les difficultés rencontrées.
«Si la Turquie observe une attitude positive et constructive de la part de ses partenaires européens et de l'UE, elle répliquera également», a-t-il fait savoir.
Le ministre a ainsi rappelé la suppression des éléments qui ont bloqué les négociations, l'approbation de l'exemption des ressortissants turcs de l'obligation de visa à l'entrée de la zone Schengen, ainsi que la tenue des promesses faites par l'UE qui, selon lui, est dans une période d' «auto-révision» actuellement.
«Le consensus trouvé entre la Turquie et l'UE le 18 mars est fonctionnelle grâce aux efforts extraordinaires d'Ankara et est une réussite pour la lutte contre la migration clandestine», a-t-il relevé, insistant que la Turquie a rempli tous les critères pour l'octroi de la liberté de visa.
«Nous attendons à ce que cette liberté soit octroyée le plus rapidement possible, a noté Cavusoglu. Si l'UE ne donne pas le feu vert, nous devrons réviser la lourde charge que nous assumons dans la mer Égée.»
Cavusoglu s'est aussi félicité de la démocratie et de la tenue du référendum constitutionnel en Turquie.
Interrogé sur les éventuels impacts de ce référendum sur la politique étrangère turque, le ministre a fait remarquer que ces deux choses n'ont pas de lien.
«La Turquie est un membre actif de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), du G20, de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) et dans quasiment toutes les institutions européennes, a-t-il noté. Elle mène entre autres une politique étrangère multilatérale. La politique d'aide humanitaire de la Turquie évalue activement les questions mondiales et régionales. La Turquie continue d'assumer un rôle positif dans plusieurs problématiques découlant de la situation dans les pays voisins. Nous préservons nos devoirs internationaux et la suprématie du droit. Nous nous attendons à ce que nos partenaires fassent pareil.»