Lassaad Ben Ahmed
14 Octobre 2019•Mise à jour: 17 Octobre 2019
AA / Tunis
Le gouverneur de la région de Mopti, au centre du Mali, a décidé de décréter un couvre-feu d'une semaine, dans la ville de Sévaré, a-t-on appris de sources concordantes, lundi.
Selon un communiqué, relayé par les médias locaux et consulté par Anadolu le couvre-feu interdit la circulation entre 18h et 06h.
Le gouverneur, Abdoulaye Cissé « demande à la population un respect scrupuleux du couvre-feu qui va s’étaler jusqu’au 20 octobre 2019 », peut-lire dans ce communiqué.
L’instauration de ce couvre-feu a été décidée suite à une réunion d'une cellule de crise, composée d’officiers régionaux de l’armée, de gendarmerie de la garde nationale et de la police, ainsi que de responsables de la justice, de la santé, de la protection civile et de la préfecture.
Ladite réunion a été convoquée d’urgence suite à des manifestations, samedi, qui ont dégénéré devant le siège de la mission onusienne au Mali (Minusma) à Sévaré. Selon un communiqué du gouvernement, rendu public dimanche, de lourds dégâts matériels ont été enregistrés.
« Le bilan provisoire fait état d’une cinquantaine de conteneurs remplis de matériels vandalisés, dont neuf (09) incendiés à moitié, deux (02) véhicules Minusma incendiés», a indiqué le gouvernement dans son communiqué, précisant qu’il n’y pas eu de pertes en vie humaine.
Dans son écrit, le gouvernement a condamné ces violences et rassuré la Minusma que les responsables seront arrêtés et traduits en justice.
Pour rappel, la ville de Sévaré s’est soulevée ces derniers jours contre la présence militaire étrangère au Mali, considérant que la Minusma, Barkhane et autres missions militaires au Mali provoquent les attaques terroristes, dont les premières victimes sont des civils. Parmi les revendications aussi, les populations demandent la révision de l’accord de défense avec la France.
Des épouses de militaires ont manifesté, à leur tour, samedi dernier à Sévaré, refusant que les soldats maliens ne soient victimes collatérales des combats.
Pour rappel, fin juin 2018, le siège de la force conjointe du G5 Sahel, basé à Sévaré, avait été visé par une attaque terroriste. Il a, ensuite, été transféré à Bamako où plusieurs manifestations ont eu lieu contre son installation, ce qui a amené le gouvernement à renoncer à cette implantation et à chercher un autre lieu.
Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les manifestations contre la présence des armées étrangères se tiennent de manière récurrente, à l’appel des organisations de la société civile et des mouvements de jeunes qui contestent leur utilité, au vu de la persistance des attaques terroristes dans les trois pays.