Lassaad Ben Ahmed
09 Septembre 2018•Mise à jour: 10 Septembre 2018
AA / Tunis
Le taux de participation aux élections législatives, régionales et municipales qui ont eu lieu le 1er septembre en Mauritanie, a été de 73,44%, selon un communiqué de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), samedi, tard dans la soirée.
Dans ce communiqué, lu devant les médias et repris par l’Agence mauritanienne d’information, Mohamed Vall Ould Bellal, président de la Ceni, a rappelé que le nombre des électeurs inscrits était de 1.417.823, alors que le nombre de votants était de 1041199.
Il a également affirmé que le vote n’a pas été tranché dans toutes les circonscriptions, ce qui nécessitera une deuxième tour.
Pour les législatives, les résultats ont été tranchés dans 37 circonscriptions sur 49. Un deuxième tour aura lieu, ainsi, dans 12 circonscriptions.
Pour les élections régionales, le résultat n’a été tranché que dans 4 circonscriptions sur 13. Les 9 autres circonscriptions passeront au deuxième tour.
Enfin, pour les municipales, les résultats ont été tranchés dans 111 communes sur 218. Donc, un deuxième tour aura lieu dans 108 communes.
Le communiqué de la Ceni n’en révèle pas davantage en ce qui concerne les partis gagnants de ces élections, ni au sujet des recours et oppositions.
Toutefois les médias locaux et internationaux font état d’une large victoire du parti Union pour la République, au pouvoir, qui a gagné 67 sièges des 157 à l’assemblée nationale, selon l'Agence de presse africaine (APA news) .
Il reste, également, en compétition pour les 23 sièges qui seront en jeu lors du deuxième tour.
APA news indique aussi que le parti Tawassoul, d’obédience islamique, a obtenu 13 sièges, ce qui lui permet d’être en tête des partis de l’opposition. L’UPR était également nettement vainqueur des régionales et des municipales, selon la même source.
A rappeler que 96 partis et 16 coalitions ont pris part aux législatives, 52 partis politiques et 16 coalitions étaient en lice pour les régionales et 84 partis et 32 coalitions, ont pris part au municipales à travers 1552 listes pour 3831 sièges dans les conseils communaux.
Cela étant, pour avoir la nouvelle configuration complète de l’échiquier politique, il faudra attendre le deuxième tour de ces élections, prévu le 15 septembre.
En ce qui concerne l'intégrité de ces scrutins, l’opposition avait commencé à déplorer des irrégularités dès le lendemain des élections. Ces irrégularités sont liées essentiellement à l'organisation dans les bureaux de vote, ainsi qu’à la rédaction et la manipulation des procès-verbaux.
Kane Hamidou Baba, leader du mouvement pour la refondation a relevé, par exemple, « la falsification de procès-verbaux », qui n’ont été remis aux représentants de son parti le lendemain du jour du vote au lieu de la faire le jour même.
Le Forum national d’organisation des droits humains (un collectif d’une trentaine d’ONG), a révélé d’autres irrégularités, par exemple, la relocalisation des bureaux de vote sans communication fiable et le manque de formation des membres des bureaux de vote.
Mais pour les observateurs, comme ceux de la mission d'observation électorale de l'Union Africaine, les scrutins se sont déroulés dans de bonnes conditions et dans un climat de paix et de sérénité.
Son président, Albert Pahimi Padacke, a souligné la semaine dernière devant les médias que les imperfections organisationnelles signalées ne sont pas de nature à entacher la crédibilité du scrutin.