Nadia Chahed
06 Novembre 2017•Mise à jour: 06 Novembre 2017
AA/Niamey/Kané Illa
Un leader de l'opposition nigérienne a été placé lundi sous mandat de dépôt pour "avoir tenu des propos séditieux", sur la nouvelle loi des finances, ont rapporté des médias locaux.
Le nombre de personnes arrêtées à ce jour au Niger sur fond de contestation de la nouvelle loi de finances s'élève ainsi à quatre.
Lawali Salissou dit «Léger», un des responsables régionaux du Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine (Moden-Fa/Lumana-Africa- principal parti de l’opposition au Niger), a été placé lundi sous mandat de dépôt et écroué à la maison d’arrêt de Maradi (Sud), a rapporté le site d’information nigerinter.com.
L’opposant est accusé d'avoir tenu «des propos séditieux» sur la nouvelle loi des finances, indique la même source.
Le gouvernement n’a encore fait aucune déclaration à propos de cette arrestation.
«Léger a été arrêté pour avoir tout simplement expliqué en langue hausa son interprétation de la loi de finances 2018», a déclaré à Anadolu George Ausseuil, membre du Moden-Fa.
Depuis quelques semaines le climat sociopolitique nigérien est secoué par une vive polémique autour de certaines mesures de la loi de finances 2018, soumise à l'Assemblée nationale pour adoption.
Plusieurs structures syndicales, politiques et de la société civile estiment que ces nouvelles mesures fiscales, notamment la hausse des taxes sur des produits de grande consommation, auront des conséquences néfastes sur le niveau de vie des populations.
Le vendredi 3 novembre, trois activistes arrêtés en marge de la contestation contre la nouvelle loi de finances, avaient été placés sous mandat de dépôt à la prison civile de Kollo, à 25 kilomètres au Sud-est de Niamey.
Abass Abdoul Aziz Tanko, Abdoulaye Harouna et Djibo Issa, responsables de l’Association de défense des droits des consommateurs des technologies de l’information, de la communication et de l’énergie (ACTICE), avaient été arrêtés au lendemain de la violente manifestation organisée par la société civile à Niamey, le 29 octobre 2017, pour protester contre les nouvelles mesures fiscales.
A l’initiative de l’association ACTICE, appuyée par plusieurs autres organisations de la société civile nigérienne, des milliers de personnes avaient défilé dans les rues de la capitale nigérienne.
Alors que les responsables de la ville de Niamey avaient autorisé un meeting dans la périphérie de la capitale, des manifestants avaient tenté de marcher vers l’Assemblée nationale.
Les forces de l’ordre déployées en grand nombre avaient tenté de les en empêcher. De violents heurts ont alors éclaté entre les manifestants et les forces de l’ordre et ont duré plusieurs heures. 23 policiers avaient été blessés dans ces manifestations, selon un bilan officiel.
Par un arrêté signé le même jour, le ministre de l'Intérieur Bazoum Mohamed avait décidé «l’interdiction définitive» des activités de l’association ACICE.