Niger: Grève de trois jours dans les universités et les lycées
- Elèves et étudiants exigent, entre autres, la réhabilitation des dirigeants syndicaux des étudiants exclus à l’Université de Niamey. Lassaad Ben Ahmed
03 Avril 2018•Mise à jour: 03 Avril 2018
NigerAA / Niamey / Kané Illa
Les élèves des collèges et lycées, ainsi que les étudiants des universités et grandes écoles du Niger ont entamé, mardi, une grève de trois jours, a appris Anadolu de source proche de leur syndicat, l’Union des scolaires nigériens (USN).
«Le Comité directeur de l’Union des scolaires nigériens reconduit le mot d’ordre de suspension de toutes les activités académiques pour 72h (examens et cours compris), sur toute l’étendue du territoire national, du mardi 03 au jeudi 05 avril 2018», a annoncé le bureau de l’USN, dans un communiqué dont Anadolu s’est procuré copie.
Par cette action, les scolaires exigent, entre autres, la réhabilitation des dirigeants des syndicats des étudiants exclus de l’Université de Niamey, ainsi que la suppression de toutes les autres mesures prises par les autorités universitaires et le gouvernement pour mettre un terme à la «grève illimitée» des enseignants.
La semaine dernière, les scolaires ont observé une autre grève de trois jours pour appuyer les mêmes revendications.
Le gouvernement n’a toujours pas réagi à ces grèves qui interviennent au début du troisième trimestre de l’année scolaire.
Les appels à la suspension des activités académiques de l’Union des scolaires nigériens interviennent alors que la situation n’est toujours pas redevenue normale à l’Université de Niamey, depuis le déclenchement de la crise qui oppose les enseignants aux étudiants, en début du mois de février dernier.
Protestant contre «l’agression» d’un de leurs camarades par des membres de la Commission des affaires sociales et de l’ordre (Caso) de l’Union des étudiants nigériens à l’Université de Niamey (UENUN), les enseignants ont entamé une «grève illimitée» le 20 février.
Ils ont conditionné la levée de cette grève par le renvoi définitif des étudiants auteurs de l’agression et la «dissolution pure et simple» de la Caso, ainsi que la prise des mesures pour interdire toute forme de violence dans l’espace universitaire.
Le 14 mars, le Conseil de l’Université, la plus haute instance décisionnelle, avait décidé du «renvoi définitif » des facultés, écoles et instituts, des deux premiers responsables de l’UENUN et de trois dirigeants de la Caso.
Dans une déclaration publiée le 15 mars, l’Union des scolaires nigériens a qualifié ces exclusions de «mesures injustes, disproportionnées, illégales et arbitraires» et a promis de les combattre.
Le 16 mars, le Syndicat national des enseignants et chercheurs du supérieur (Snecs) et le gouvernement ont signé un protocole d’accord, aux termes duquel le gouvernement s’est engagé, entre autres, «de prendre des mesures pour «interdire toute forme de violence exercée par un individu ou groupe d’individus sur les espaces non couverts par les franchises universitaires dans les meilleurs délais».
Les enseignants ont, depuis lors, mis un terme à leur «grève illimitée».
Mais, les étudiants, qui exigent l’abrogation des sanctions prises contre leurs dirigeants syndicaux, rechignent à reprendre les chemins des facultés.