Lassaad Ben Ahmed
14 Janvier 2018•Mise à jour: 15 Janvier 2018
AA/Niamey/Kané Illa
A l’appel d’un collectif des organisations de la société civile, des milliers de personnes ont manifesté, dimanche, à Niamey contre la loi de finances 2018, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Partis d’une place située à la périphérie de la ville, les manifestants ont rallié la «place de la concertation» située devant le siège de l’Assemblée nationale où ils ont tenu leur meeting. Tout au long du parcours, ils ont scandé des slogans et brandi des pancartes portant des messages hostiles à la loi de finances 2018.
«Nous rejetons cette loi de finances 2018, parce qu’elle comporte toute une batterie de mesures à caractère fiscal et administratif susceptibles d’affecter sérieusement la situation, déjà difficile, des ménages nigériens», a déclaré Nouhou Arzika, président du «Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR)» et porte-parole du collectif de la société civile, dans un message lu devant les manifestants.
A travers la loi de finances 2018, «le gouvernement veut accentuer la pression fiscale sur les couches défavorisées de la population nigérienne», a-t-il insisté.
Entre mesures de la loi de finances critiquées par la société civile, il y a celles portant augmentation de l’impôt synthétique de 2 à 5% et l’extension de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur certains produits de grande consommation.
Mais, pour le président du parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA), principal parti au pouvoir, le gouvernement nigérien est tenu de prendre les nouvelles mesures fiscales décriées par la société civile.
«Ces mesures, faut-il le rappeler, n'ont rien d'excessif, bien au contraire. Elles consistent notamment dans la mise en œuvre d'une directive de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 1998, appliquée par tous les pays de la communauté à laquelle nous ne saurions éternellement nous dérober», a soutenu Mohamed Bazoum dans un discours prononcé samedi à l’occasion de la célébration du 27ème anniversaire de la création de son parti, lors d’un rassemblement à Niamey.
Votée à une large majorité par les députés le 23 novembre dernier, la loi de finances 2018 est contestée par une bonne partie de la société civile nigérienne qui multiplie les manifestations pour obtenir le retrait de ses mesures «antisociales».
En prélude au vote de ce projet de loi, la société civile avait déjà organisé une première manifestation, le 29 octobre à Niamey. Cette manifestation a été dispersée par les forces de l'ordre.
En 2005, l’augmentation de la TVA sur certains produits de grande consommation avait irrité la société civile qui avait appelé à de nombreuses manifestations à travers le pays.
Devant le succès enregistré par les différents appels à la mobilisation, le gouvernement était revenu sur certaines mesures, après plusieurs semaines de discussions avec les responsables de la société civile.