Lassaad Ben Ahmed
30 Janvier 2018•Mise à jour: 30 Janvier 2018
AA / Niamey / Kané Illa
Au moins deux militaires et un civil (enfant) ont été tuées, lundi, dans une attaque attribuée à Boko Haram dans la localité de Chétimari (région de Diffa, dans le sud-est du Niger), a appris Anadolu de source sécuritaire.
«C’est un poste de la Garde nationale qui a été attaqué. On déplore deux morts et cinq blessés, dont deux graves. Il y a aussi une dizaine de véhicules qui ont été emportés par les assaillants», a expliqué, sous couvert d’anonymat, une source sécuritaire contactée par Anadolu.
Selon le journaliste Kaka Touda Mamane de la radio privée «Anfani» et ressortissant de Diffa, un enfant a aussi trouvé la mort après avoir été atteint «par une balle perdue».
D’après le site d’information «Aïr Infos», les combats ont duré «plus de trois heures de temps» et il a fallu «qu’un renfort avec à sa tête le commandant Galwata, commandant de légion en personne quitte la même nuit la ville de Diffa, malgré tous les risques d'embuscades de l'ennemi, pour venir soutenir la résistance menée par ses hommes au poste de Chétimari».
Le même média cite des sources qui parlent de deux morts et cinq blessés, ainsi que des véhicules enlevés.
A 11h GMT, le gouvernement n’a fait aucune déclaration par rapport à l’attaque.
C’est la deuxième fois, en deux semaines, qu’une attaque attribuée à Boko Haram vise des postes militaires nigériens dans la région de Diffa.
Le 17 janvier dernier, une attaque similaire avait visé le poste militaire de Toumour, à environ 10 km de Diffa (extrême sud-est du pays), proche de la frontière du Nigeria.
Selon un bilan fourni par le gouvernement, au moins 7 militaires nigériens ont été tués, 17 autres ont été blessés et 1 est porté disparu.
Ces attaques récurrentes de Boko Haram interviennent à un moment où des voix officielles annoncent, pourtant, la fin des incursions de cette secte sur le territoire nigérien.
«Dans la région de Diffa, la guerre contre les terroristes de Boko Haram consiste désormais à faire face à des agissements de hordes résiduelles en perdition», a déclaré le ministre de l’Intérieur Bazoum Mohamed, le 14 janvier dernier, à l’occasion de la célébration du 27ème anniversaire du principal parti au pouvoir.
«Si certaines mesures économiques et sécuritaires contraignantes restent encore maintenues, c'est parce qu'en face, en territoire nigérian la guerre n'est toujours pas tout à fait terminée.
Mais les choses évolueront, plaise à Dieu et très bientôt la vie se normalisera dans cette région que le terrorisme aura si injustement éprouvée», a-t- il insisté.
Depuis le début de l’année 2015, le Niger subit des attaques récurrentes de Boko Haram dans sa région de Diffa, frontalière avec le Nord du Nigeria où sévit Boko Haram.
Selon le bureau des actions humanitaires de l’ONU (Ocha), pour la seule année 2017, quelque 103 attaques attribuées à Boko Haram ont été enregistrées dans la région de Diffa.
Au moins 141 civils ont perdu la vie dans ces attaques, précise la même source.
Pour rappel, la dernière attaque dans cette région remonte au 17 janvier dernier où les assaillants avaient fait une incursion dans la commune de Toumour et ont causé la mort de 7 FDS et de 17 autres blessés avant d'emporter d'important matériels de guerre.
C'est le lieu de présenter toutes nos condoléances aux familles des victimes en cette douloureuse circonstance tout en souhaitant un prompt rétablissent aux blessés.
Vivement le retour de la paix et de la sécurité dans cette région qui connait les affres de l'insécurité depuis février 2015.