1 23
07 Janvier 2022•Mise à jour: 07 Janvier 2022
AA/Tunis
Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi, a déclaré, vendredi, que des réponses ont été données aux interrogations des Etats-Unis sans avoir subi de pression, après les mesures exceptionnelles annoncées par le président du pays, Kaïs Saïed, le 25 juillet dernier.
C'est ce qu'il a affirmé aux journalistes lors d'une conférence de presse tenue dans la capitale, Tunis, à l'occasion de la fin du mandat de la Tunisie en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU (2020-2021), selon la radio locale privée Mosaïque FM.
"Des interrogations américaines ont été soulevées à la suite de l'annonce des mesures exceptionnelles et les Etats-Unis ont obtenu des réponses sans que nous ayons subi de pression", a-t-il précisé.
Et Jerandi d'ajouter : "la Tunisie et les États-Unis entretiennent de bonnes relations et il n'y a aucune crise diplomatique entre les deux pays", notant que les consultations et les projets de coopération entre les deux pays se poursuivaient.
Il a souligné dans le même contexte que "la Tunisie s'est engagée sur la voie d'un processus de transition démocratique, garantissant les libertés et les mécanismes de la démocratie".
Le chef de la diplomatie tunisienne a également déclaré que "les mesures du président Saïed sont opportunes et n'ont pas affecté les relations de la Tunisie avec les pays étrangers".
Le 15 décembre, les Etats-Unis ont salué, l'annonce par le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, du calendrier des réformes politiques et de l'organisation d'élections législatives anticipées le 17 décembre 2022, mettant en exergue leur attachement au partenariat avec la Tunisie et le peuple tunisien.
Par voie de communiqué, Washington avait affirmé son soutien aux aspirations du peuple tunisien à un gouvernement efficace, démocratique et transparent protégeant les droits et les libertés.
La Tunisie traverse une grave crise politique depuis le 25 juillet dernier, lorsque le président Saïed a instauré des mesures d'exception, notamment le gel des pouvoirs du Parlement, la levée de l'immunité de ses députés, la suppression de l'organe de contrôle de la constitutionnalité des lois et le recours aux décrets présidentiels pour légiférer.
La majorité des forces politiques en Tunisie rejette les décisions de Saïed, et les considère comme un "coup d'Etat contre la Constitution", tandis que d'autres forces les soutiennent, estimant qu'il s'agit d'une "restauration du processus de la révolution de 2011".
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni