Mohamed Hedi Abdellaoui
28 Novembre 2015•Mise à jour: 29 Novembre 2015
AA/ Ouagadougou/ Olympia de Maismont
« Après ta révolte, ton vote », est la devise du Balai citoyen pour contribuer à la réussite du scrutin présidentiel de dimanche, après l’insurrection populaire d’octobre 2014.
Créée en 2013 par deux artistes engagés, le rappeur Smockey et le chanteur de reggae Sams’K le Jah, le Balai citoyen est une importante organisation ide la société civile burkinabè.
Elle est notamment connue pour avoir joué un rôle décisif dans la révolution qui a mis un terme au régime de Blaise Compaoré, après 27 ans de règne.
Pour le Balai citoyen, la lutte continue à travers le vote. D’où l’impératif, selon eux, d’inciter les Burkinabè à aller chercher leur carte d’électeur en vue de participer activement à ce « scrutin historique ».
Si cette organisation se positionne comme une force de pression politique, elle s’est aussi donnée pour mission de sensibiliser les Burkinabè à l’importance de prendre part au processus électoral.
Quelques mois après l’installation au pouvoir du gouvernement de transition, l’organisation citoyenne a donc lancé le mot d’ordre.
Devenu un acteur majeur sur les scènes politique et sociétale, le mouvement a récemment confirmé son influence à travers sa forte mobilisation pour s’opposer à la tentative de coup d’état du Régiment de sécurité présidentiel (RSP).
Pour aller plus loin dans le processus de sensibilstaion, les cibals et cibelles (diminutif de ‘citoyens balayeurs’) ont lancé, début novembre, la campagne « je vote, je reste ».
Zinaba Rasmane, responsable au sein de la coordination nationale du mouvement, explique que cette campagne a trois objectifs bien précis « le premier objectif est de sensibiliser et d'éduquer les populations pour que le vote soit apaisé, crédible et transparent. Le second est d’inciter les populations à aller voter massivement le 29 novembre prochain. Le troisième est d'inviter les électeurs à être des observateurs, c’est-à-dire à assister au dépouillement après la fermeture de leur bureau de vote afin de limiter au maximum les fraudes électorales qu’on a connues par le passé».
Munis d’une caravane, de haut-parleurs et de banderoles, les membres et artistes engagés du Balai citoyen ont sillonné les quatre coins du pays à la rencontre des Burkinabè pour les encourager à voter. Ils ont notamment organisé des débats citoyens ainsi que des meetings-concerts dans les grandes villes du pays telles que Bobo-Dioulasso ou Ouahigouya.
C’est à 185 km de Ouagadougou, sur la place de la révolution de Tenkodogo que s’est tenu le dernier meeting-concert de la campagne : « je vote, je reste », vendredi soir.
De nombreux habitants se sont réunis pour écouter les discours et voir les artistes. Lors de son discours de présentation, Marcel Dakistaba, membre de la coordination nationale a rappelé aux électeurs : « il ne faut pas voter pour tel ou tel candidat parce qu’il est de la même religion, de la même région ou bien de la même famille que soi. On ne vote pas non plus pour un candidat parce qu’il vous a donné de l’argent ou des gadgets. On vote pour des idées, pour un programme, pour une vision. ».
L'Organisation a, en outre, recruté près de 450 observateurs qui se mobiliseront dans les bureaux de vote de 28 localités pour suivre de près le déroulement du scrutin. Ces observateurs transmettront les informations concernant le bon ou le mauvais déroulement du scrutin et dépouillement ainsi que les procès verbaux au siège du Balai citoyen où un état major sera réuni pour les réceptionner.
Le Burkina Faso aura, du reste, rendez-vous avec l’histoire, dimanche. Après une insurrection populaire et un putsch militaire manqué qui a failli plonger le pays dans le désarroi au mois de septembre écoulé, les Burkinabé, observateurs et experts tout comme citoyens ordinaires, s’attendent à mettre pleinement le pied dans l’étrier de la démocratie pour se frayer un chemin sur la voie du progrès, à partir du 29 novembre.